La 2ème Division Blindée de Leclerc

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 6/1er RMSM: Journal de Marche (16/11—30/12/1944)

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Jean PFLIEGER
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MessageSujet: 6/1er RMSM: Journal de Marche (16/11—30/12/1944)   Dim 15 Nov 2015 - 15:41






Les plus attentifs auront remarqué dans la rubrique "Publications"
le Journal de Marche du 6/1er RMSM.

Je vous propose de le lire au jour le jour 71 ans après…

Une carte Google vous permettra de suivre la progression.

Annotation manuscrite portée en première page de mon exemplaire:





Dernière édition par Jean PFLIEGER le Lun 16 Nov 2015 - 7:24, édité 3 fois
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Jean PFLIEGER
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MessageSujet: Introduction   Dim 15 Nov 2015 - 15:43


Aux "Anciens du 6ème", en manière d'ouverture…

Il reste 36 pages du Journal de Marche du 6ème Escadron du 1er RMSM dit "Escadron bougnoul", notre Escadron.

C'est en 1946, il m'en souvient, que j'empruntai, pour le faire copier, le gros cahier noir dans lequel CLERC avait écrit, jour après jour, la relation des évènements: je n'étais pas en mesure d'en faire prendre la copie complète et dus me contenter du texte commençant à l'aube de l'attaque de NONHIGNY et se terminant avec la prise d'EBERSMUNSTER. La REVEILLERE eut la gentillesse de faire taper mon manuscrit en trois exemplaires. Je lui en laisse un: "Dans dix ans, nous retrouverons ça avec plaisir"!

À mon deuxième retour d'Indochine, manuscrit et exemplaires ont disparu. L'année dernière, nouvelles recherches; elles sont infructueuses.
En permission à Paris, j'essaie de joindre La REVEILLERE. Le téléphone sonne, sonne, personne ne décroche l'appareil. J'ai le numéro de CLERC: il me rejoint à la Madeleine. Lui, non plus, ne sait rien. Nous nous séparons avec le sentiment que c'est terminé; j'ai attendu trop longtemps, pas moyen de "rétablir la communication". Je ne pourrai pas vous remettre même ce fragment copié à grand peine, ni vous voir revivre le déroulement des actions évoquées par le récit, en discuter à grands cris avec vos voisins: "Tu te rappelles?… mais non!… C'est après!…"

Vous allez lire ces 36 pages; cette lecture vous montrera que lorsque tout va mal, lorsque la situation est telle qu'il ne reste plus grand chose à tenter, en tout cas, il reste LA SELLE. Cette constatation a été vérifiée, point par point, en ce jour d'octobre 1958.
Je quitte CLERC. Il me faut me rendre rue des Saints-Pères; pas une place libre le long des trottoirs, je suis obligé de prendre une rue à droite pour garer. Et quand je repartirai, il me faudra bien suivre les sens uniques: à gauche, à droite dans la rue de Verneuil… J'arrête ma voiture au bord du trottoir, car je viens de dépasser un Monsieur bien mis, parapluie et tout… C'est LA SELLE!
Et il a l'exemplaire survivant du morceau de Journal de Marche.

BESANÇON, le 27 novembre 1959
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Jean PFLIEGER
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MessageSujet: Re: 6/1er RMSM: Journal de Marche (16/11—30/12/1944)   Dim 15 Nov 2015 - 15:45

DE BONNES NOUVELLES

Les difficultés rencontrées et surmontées par Pierre SCHOPPIN, qui s'est chargé de faire couvrir les feuillets du "fragment de Journal", n'ont pas permis de réunir les anciens du 6ème avant les vacances, mais nous savons maintenant que nous aurons assez d'exemplaires pour que nous puissions remettre ou en faire parvenir un à chacun des anciens du 6/1er RMSM, aux Commandants des sous-groupements dont fit partie l'escadron, enfin, aux Commandants des détachements qui nous ont appuyés — si nous pouvons les retrouver les uns et les autres —.

Ce délai aura eu un heureux résultat, puisque je peux vous communiquer la bonne nouvelle: le Régiment qui n'est plus "marocain", a changé de numéro mais a repris, grâce à un Chef de Corps qui a su mettre à profit ce nouvel avatar, l'insigne dessiné en 40 par le Chef d'Escadrons de KERSAUSON à OUMDOURMAN (Soudan anglo-égyptien) pour l'Escadron JOURDIER.

C'est cet insigne qui apparaît sur la couverture d'un petit livre très bien fait et présenté que le Lieutenant-Colonel BERTET, Commandant le 21ème Régiment de Spahis — notre Régiment — a eu la gentillesse de me faire parvenir. Ce petit livre est intitulé: "HISTORIQUE DU RÉGIMENT" ce qui est une très heureuse façon de mettre fin aux "querelles d'appellation".

Procurez-vous cet historique, ouvrez-le, lisez-le et chacun trouvera sa place dans l'historique du Régiment.

C'est grâce à ce joli livret blanc que nous avons fait reproduire ici "in fine" la dernière citation du 1er RMSM.
Dans ce texte, deux des faits cités sont à l'actif du 6ème. C'est du 7ème seul dont il est question pour le passage de l'ILL à KOGENHEIM — du 7ème qui aurait pris EBERSMUNSTER si nous avions dû faire face à l'Est pour arrêter la réaction ennemie à laquelle je m'attendais et qui n'a pas eu lieu —. Nos camarades auraient trouvé ainsi une récompense immédiate au courage déployé et une compensation aux pertes subies dans le champ de mines couvrant le sud du village.

Note sur la restitution du texte

En fait c'est une copie que LA SELLE avait en sa possession. CLERC l'a fait copier et ronéotyper: c'est donc la troisième copie de copie depuis le texte original.

Au moins une fois, le copiste écrivait sous la dictée sans voir le texte, et chaque fois lecteur (lectrice) et copiste n'étaient pas familiarisés avec la terminologie militaire. Ceci "saute aux yeux" à la lecture: %, façon classique de rendre "aux ordres de", non compris par le lecteur, a été omis.

Mais la restitution a été facile car la grande honnêteté des "scribes" est… flagrante: 1 RMSM rendu par "premier RMSM", les termes géographiques sont sans une faute, épelés tous, les chiffres exacts (sauf un 4 pris pour un 1), le texte m'a permis de rétablir sans aucun risque d'erreur.

Abréviations:

- Seules subsistent celles que le lecteur ne savait pas "lire":
g.a.: groupe d'assaut
g.m.: groupe mitrailleuses
g.c.: groupe de commandement (groupe de combat?)
a.a.: arme automatique
a.t.k.: antitank (souvenir de deux ans de 8ème Armée)

- Les pelotons avaient été formés de la façon suivante: Chef de Peloton, son groupe de combat avec un groupe mitrailleuses (2 mitrailleuses) calibre 30 "tir à terre" — deux groupes d'assaut armés de pistolets mitrailleurs et carabines (avec lance grenade) — le tout sur 3 Half-Tracks (quand on en a perçu!), l'un des Half-Tracks tirant le canon de 57 du Peloton: voilà un groupe de plus.


Dernière édition par Jean PFLIEGER le Sam 21 Nov 2015 - 16:11, édité 7 fois
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MessageSujet: 16 novembre 1944   Lun 16 Nov 2015 - 7:22

Avec le Sous-Groupement MOREL-DEVILLE
LA PERÇÉE SUR STRASBOURG




Jeudi 16 novembre 1944

À 8 heures, le Capitaine Commandant est convoqué auprès du Chef d'escadrons MOREL-DEVILLE. Celui-ci lui confirme l'ordre d'attaque, donné la veille au soir. Cependant, sur la demande qui lui en est faite, il accorde l'appui d'un peloton de chars supplémentaire qui, après le débouché de l'attaque, doit venir, en contournant le village par le sud-est, coiffer le carrefour sud-ouest pendant le nettoyage.

L'intention du Capitaine est la suivante:
a) - Saisir avec le peloton WILLING, transporté au plus près sur les chars du Lieutenant LE GOASGUEN, les sorties nord-est et nord-ouest de NONHIGNY. Dès que le carrefour de l'église sera atteint par nos éléments, pousser le 57 de ce peloton à la sortie nord-ouest qu'il tiendra avec le groupe mitrailleuses, en vue de parer aux contre-attaques possibles.

b) - Envoyer d'un bloc le peloton GUELLEC à la sortie sud-ouest qu'il verrouillera, tandis que les groupes d'assaut de l'Aspirant WILLING, soutenus par les chars du Lieutenant LE GOASGUEN, progresseront vers lui en procédant au nettoyage.

L'opération est protégée:
1°) - Sur le flanc droit par les TD et les obusiers, aux mêmes emplacements que la veille, puis par le peloton resté à la disposition du Capitaine MARTIN pour déborder par la droite.

2°) - Sur le flanc gauche, d'abord par les chars, puis par le 57 et les mitrailleuses du 1er peloton, installées en bouchon sous les ordres du Chef de la SELLE.

Dès que le nettoyage sera terminé et les sorties solidement tenues, le peloton de VAUX, mis à la disposition du Capitaine, poussera en direction de PARUX.

Les éléments d'attaque, prenant la route BARBAS-NONHIGNY, arrivent à la dernière crête avant ce village.

Les chars du Lieutenant LE GOASGUEN se déploient à gauche de la route tandis que le groupe mitrailleuses et un groupe d'assaut y prennent place, le reste des éléments restant sur la route.

Lorsque le Capitaine MARTIN signale, par radio, que les éléments de protection sont en place, le Capitaine donne l'ordre d'attaquer.

Les chars progressent en tout terrain, neutralisant par leur tir les lisières à gauche de la route, tandis que les éléments de soutien ouvrent le feu sur la lisière sud-ouest. Les Half-Tracks des 1er et 3ème pelotons suivent sur la route derrière le Capitaine, prêts à faire irruption dans le village.

Dès le débouché, l'ennemi ouvre un tir de barrage d'une extrême violence devant la lisière nord-ouest attaquée, tir qui se prolongera durant toute la durée de l'opération.

Néanmoins, lorsque les chars sont parvenus à 100 mètres des habitations, les éléments qu'ils transportaient se jettent en avant et poussent résolument sur leurs objectifs, qu'ils atteignent en quelques minutes.

Le Chef de La SELLE installe immédiatement son groupe mitrailleuses à la sortie nord-ouest et ouvre un feu meurtrier, avec l'une de ses mitrailleuses, sur les fuyards qui tentent de s'échapper vers le cimetière, refoulés par le groupe d'assaut conduit par le Brigadier CHAIX.

À droite de la route, la résistance ennemie est plus forte, des rafales d'armes automatiques sont dirigées contre nos véhicules. Ceux-ci répondent, mais l'Aspirant WILLING est grièvement blessé par une balle. Le Capitaine qui est à ses côtés, donne le commandement du groupe de combat du 1er peloton au Brigadier BOLZE et l'envoie sur l'église avec le groupe d'assaut du Maréchal-des-Logis BOUJMAA pour aider nos premiers éléments.

La disparition de l'officier commandant le peloton de soutin des chars et le nombre considérable d'ennemis aperçus sur la droite mènent le Capitaine à modifier l'opération projetée.

Il donne l'ordre à l'Adjudant-Chef GUELLEC de faire mettre pied à terre et de progresser dans la partie droite du village, en liaison avec les chars qui suivent la route principale et le 1er peloton qui progressera à gauche.

L'Adjudant-Chef GUELLEC déploie rapidement ses éléments et se jette à leur tête, à travers le barrage, sur son objectif où il capture immédiatement de nombreux prisonniers.

Le Capitaine Commandant se porte, alors, auprès du 1er peloton resté sans officier, le trouve arrêté selon les ordres sur son premier objectif conquis. Il charge le Brigadier BOLZE de transmettre aux groupes d'assaut l'ordre de pousser jusqu'à la sortie opposée et, les chars ayant atteint la place de l'église, il envoie le 57 du Maréchal-des-Logis MEEKI rejoindre le Chef de La SELLE.

Celui-ci est soumis à un très violent bombardement mais n'en continue pas moins à soutenir efficacement, de son tir d'enfilade, nos éléments avancés.

Les Half-Tracks du 1er peloton entrent dans le village; l'un d'eux est conduit par le Maréchal-des-Logis BOUJMAA dont le conducteur, blessé à MIGNÉVILLE, a été évacué. Ce sous-officier, qui avait repris la tête de son groupe, après avoir amené son véhicule à l'endroit assigné, s'aperçoit que la maison, au long de laquelle il avait arrêté son véhicule, est mise en flammes par un obus ennemi. Il retourne, sous les obus qui continuent à pleuvoir, au volant de sa voiture, la gare plus loin et revient participer au combat.

Toujours sur la gauche, le Brigadier CHAIX, en avant de son groupe d'assaut, capture 5 ennemis qui lèvent les bras.

Tandis qu'il interroge l'un d'eux en allemand, un autre sort brusquement un pistolet avec lequel il blesse le Brigadier CHAIX. Celui-ci, de sa main valide, envoie une rafale de sa mitraillette sur son adversaire et tient les autres en respect jusqu'à ce que ses hommes arrivent.

Le Brigadier CHAIX continue à les conduire jusqu'à la fin de l'engagement. Il accepte alors seulement de se faire soigner.

Dans la rue principale, l'Adjudant-Chef GUELLEC, se multipliant de tous côtés, progresse très rapidement jusqu'à la sortie opposée, faisant plus de 50 prisonniers dont le Commandant de la Compagnie et deux officiers. Les chars du Capitaine MARTIN parviennent à sa hauteur lorsqu'il atteint la sortie sud-est.

Le Capitaine renvoie alors tous les éléments du 1er peloton à la sortie nord-ouest, le 3ème restant sur son objectif et patrouillant les lisières voisines.

L'opération, qui a duré une vingtaine de minutes, coûte à l'ennemi de nombreux tués. Un matériel important et 84 prisonniers, dont 3 officiers, sont tombés entre nos mains.

De notre côté, nous avons perdu:

1°) - au 1er peloton: blessés par balles: l'Aspirant WILLING, le Brigadier CHAIX, le Spahi HADJ ABD EL KADER 2635.

2°) - aux 2ème et 3ème pelotons:
les Spahis RAHAL BEN MOHAMED 2384, AHMED BEN BARK 2654, AHMED BEN MOHAMED 2390 blessés par balles, et le Spahi BERCOVICI gravement atteint par éclat d'obus.

Pendant l'attaque de NONHIGNY, le 2ème peloton est resté en protection des TD du Lieutenant de GAULLE. Il reçoit de cet officier l'ordre de se porter à pied jusqu'au village.

Durant son stationnement et sa progression, le peloton est soumis à un fort tir d'artillerie ennemie. Le Maréchal-des-Logis HAMIDA BEN KORNATI 2028 et le Spahi 2ème classe YAHYA MADANI 2193 sont tués. Les Spahis LAHOUSSINE BEN MOHAMED 2867, AITCHADI MOKTAR, MOHAMED BEN DJILALI, YAHYA BEN BOUSELEM, MOHAMED BEN LARTI et le Brigadier MOHAMED BEN HOKTAR sont blessés et doivent être évacués. Le Maréchal-des-Logis de VANSSAY est légérement atteint à la main mais peut rejoindre après pansement.

L'Adjudant-Chef GUELLEC ayant signalé que le téléphone marchait encore au PC de la Compagnie qui tenait le village, le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE fait téléphoner à BRÉMÉNIL au Commandant allemand de faux renseignements. La ruse réussit pendant une heure.

Le peloton de VAUX, qui a rejoint comme prévu, s'engage en direction de PARUX avec ordre de reconnaître le pont à la lisière du bois du chêne Fourchu, de le tenir s'il est libre mais sans s'aventurer dans le couvert.

Le Capitaine Commandant reçoit du Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE l'ordre de tenter de se porter sur PARUX avec le peloton de VAUX, un peloton porté et un peloton de chars (Maréchal-des-Logis DUHALGOUET) mis à sa disposition par le Capitaine MARTIN.

En attendant les renseignements de l'Aspirant de VAUX, déjà parti, et le 2ème peloton tardant à rejoindre, le Capitaine Commandant décide de relever le peloton GUELLEC de sa garde à la sortie du village que les TD tiennent maintenant solidement.

Il se porte, avec ce peloton et les chars, sur la route de PARUX quand une Jeep de l'Aspirant de VAUX apporte le compte rendu suivant:

- lisière du bois du Chêne Fourchu fortement tenue, une AM détruite près du pont par Bazooka.

Se portant vers 291, le Capitaine Commandant trouve les éléments de l'Aspirant de VAUX installés près du pont, 1 km sud-est de NONHIGNY. Il donne l'ordre à cet officier de garder le contact et déploie le peloton dans les couvers à gauche et à droite du pont, plaçant les chars du Maréchal-des-Logis DUHALGOUET en retrait, face à MONTREUX, où l'observation décèle des mouvements ennemis et revient rendre compte au Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE.

Celui-ci donne l'ordre de ne pas s'engager dans les bois mais de continuer le maintien du contact et donne un TD pour assurer la garde du pont, les pièces des chars étant, à ce moment, toutes enrayées.

Le TD est immédiatement poussé à hauteur des éléments de VAUX. Dès qu'ils sont réparés, les 75 des 2 Sherman prennent à partie les objectifs visibles dans MONTREUX, que l'ennemi semble évacuer par la route de BADONVILLER.

Malheureusement, seule une très faible partie de la route est visible et deux pièces tractées peuvent s'échapper malgré notre tir. Cependant, deux véhicules légers, qui s'engagaient sur la route de BRÉMÉNIL, s'arrêtent et sont abandonnés par leurs équipages.

Vers 15 heures, l'artillerie ennemie, qui n'a pas cessé de harceler NONHIGNY, déplace son tir sur les lisières du bois de la Croix et continuera durant la fin de la soirée à envoyer ses obus à proximité de nos troupes.

Personne n'est atteint, mais le Spahi AHMED BEN MOHAMED 2390, blessé par balle alors qu'il patrouillait avec le Brigadier MILLE vers 277, doit être évacué.

Vers 16 heures, le Lieutenant LE GOASGUEN, avec ses chars et le 2ème peloton de l'Escadron, avance sur MONTREUX. Les éléments du pont couvrent la progression en neutralisant au canon et à la mitrailleuse les lisières nord et est du village et reportent leur tir aux sorties sud quand les éléments amis s'engagent dans la localité.

Nos éléments y capturent une cinquantaine de prisonniers, des canons antitank et des canons DCA / DCB de 20 mm intacts.

À la tombée de la nuit, le Capitaine Commandant reçoit l'ordre de renvoyer les éléments à sa disposition à MONTREUX et de se porter de sa personne à NONHIGNY pour prendre contact avec le Commandant de l'Infanterie américaine qui nous relève. Sa mission terminée, il rejoint MONTREUX où les pelotons ont reçu du Capitaine MARTIN, chargé de la défense de la localité, des missions conjointement aux éléments blindés qui s'y trouvent.

L'ennemi a ouvert le feu sur MONTREUX avec son artillerie. Un obus met le feu au Command-Car récupéré la veille par le groupe du Commandant qui avait suivi avec le gros. L'équipage parvient, une fois de plus, à sauver les papiers mais le véhicule est inutilisable.


Dernière édition par Jean PFLIEGER le Jeu 24 Déc 2015 - 7:15, édité 2 fois
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MessageSujet: 17 novembre 1944   Mar 17 Nov 2015 - 7:17

Vendredi 17 novembre 1944

Nuit: rien à signaler.

Aucun ordre de mouvement n'ayant été reçu dans la matinée, le Capitaine Commandant en profite pour réorganiser les pelotons en leur affectant tous les spahis dont il peut se passer au PC, afin de compenser, en partie, leurs pertes.

Le 2ème peloton enterre ses morts au cimetière de MONTREUX sous un violent bombardement.

Vers 14 heures, le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE ayant donné l'ordre d'aller reconnaître les lisières de la haie de Luth, l'Aspirant ABALAN est chargé de l'opération qu'il exécute avec un groupe de combat. Accroché par les éléments qui tiennent des lisières, deux de ses hommes sont blessés par balle: Brigadier HADJ BEN AHMED 2024, 1ère classe ABDALLAH 2272.

Il ramène un prisonnier après avoir été dégagé par une action de chars.

Durant cette opéraiton, le Chef BIDEGARAI, qui s'était rendu sur la hauteur qui domine à 200 mètres au sud-ouest MONTREUX pour observer la patrouille de son peloton, est blessé légèrement par un ennemi qu'il met en fuite avec sa mitraillette.

En raison de la présence reconnue d'éléments ennemis près du village, le Commandant MOREL-DEVILLE charge le Capitaine Commandant d'assurer, avec ses pelotons portés, la sûreté face à l'ouest et sud. En conséquence, le 3ème peloton reçoit la mission de surveiller depuis l'observatoire de MONTREUX, où il est installé, des mitrailleuses lourdes, les lisières du bois des Boilottes et la direction de NEUVILLER, le 2ème peloton tenant les débouchés vers BADONVILLER et BRÉMÉNIL, le 1er peloton restant en réserve.

Au cours de l'après-midi, le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE, parti sur BRÉMÉNIL avec des chars et le groupe d'assaut VANSSAY du 2ème peloton, est accroché dans le bois du FAY vers 343 par des fantassins ennemis.

Il demande d'urgence des renforts d'infanterie. Le reste du peloton ABALAN le rejoint. Après s'être dégagé, il envoie le Brigadier (?), accompagné de deux hommes, prendre la liaison vers les carrières de BADONVILLER avec les éléments amis qui poussent sur BRÉMÉNIL venant de BADONVILLER.

Malheureusement, accueillis par un feu violent d'infanterie à faible distance, les hommes doivent se replier sans avoir pu accomplir leur mission par suite de la nervosité de leurs camarades.

Pour éviter des suites plus fâcheuses encore, le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE décide de se replier sur MONTREUX immédiatement et envoie au Capitaine Commandant qui quittait ce village avec un peloton de chars et le peloton GUELLEC pour venir en renfort, l'ordre de ne pas bouger.

Nos éléments reprennent à MONTREUX le dispositif de nuit.

Nuit: rien à signaler.


Dernière édition par Jean PFLIEGER le Sam 21 Nov 2015 - 16:13, édité 1 fois
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MessageSujet: 18 novembre 1944   Mer 18 Nov 2015 - 6:47



Samedi 18 novembre 1944

À 8 heures, le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE, commandant le sous-groupement, charge le Capitaine Commandant de chercher, en passant par NONHIGNY puis dans le tout-terrain, un cheminement permettant d'atteindre le carrefour 314. Il met à sa disposition un peloton de chars (DUHALGOUET), un peloton porté (GUELLEC), un élément de Génie.

La colonne, après avoir suivi la route de HARBOUEY à la sortie de NONHIGNY, prend une direction nord-est en empruntant le chemin de terre qui longe au nord le ruisseau orienté est-nord-est / ouest-sud-ouest.

Le terrain est détrempé et du temps est perdu en cherchant à franchir le ruisseau vers l'Est par les ponts indiqués sur le plan directeur.

La rive gauche s'avérant impraticable, le Capitaine Commandant décide de continuer plein nord-est vers le bois d'HARBOUEY. Les lisières de ce bois, surveillées par des chars, sont reconnues par les éléments portés qui ont laissé leurs véhicules en arrière sur le chemin direct de PARUX-HARBOUEY.

La lisière est minée. Le Génie reconnaît un passage et, vers 13 heures, les chars, transportant le peloton GUELLEC parviennent à déboucher sur la rocade 293. 314.

Le Capitaine Commandant, après installation sur un tronçon de cette route, place, sous les ordres de l'officier commandant le Génie, tous les hommes disponibles en vue d'aménager l'itinéraire très difficile.

La liaison radio, mauvaise depuis le matin, ne peut être prise avec le Commandant du sous-groupement.

À 14 heures, des auto-mitrailleuses amies débouchent sur notre gauche: c'est le Sous-Lieutenant LANDRY qui, poussé sur CIREY par la route d'HARBOUEY, a été arrêté par des armes antitank et tente de rejoindre 314 pour continuer sa mission par un autre axe.

Tandis qu'un télégramme est envoyé par son poste 193 au PC pour expliquer la situation, le Capitaine Commandant donne l'ordre au Génie de suspendre les travaux d'aménagement et de rejoindre par la route d'HARBOUEY avec le reste des véhicules. Un télégramme du Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE arrive à ce moment prescrivant de pousser sur 314. Ce carrefour est atteint à 15h30 et le Capitaine Commandant s'apprête à pousser sur PARUX avec les chars et des éléments portés, laissant au Sous-Lieutenant LANDRY, renforcé d'un 57, la mission de garder le carrefour et de pousser une reconnaissance blindée sur PETITMONT.

Un incident malheureux se produit alors entre une patrouille à pied qui fouille les couverts environnants et une auto-mitrailleuse au cours duquel le Maréchal-des-Logis DESTREZ est blessé mortellement d'une balle.

Le Capitaine MARTIN, qui vient de prendre PARUX avec un peloton de chars et le reste du 6ème Escadron, signale alors, par radio, d'attendre sa venue. Quelques minutes plus tard, il atteint le carrefour, bientôt suivi du Commandant du sous-groupement.

Au cours de l'après-midi, le 2ème peloton, resté à MONTREUX à la disposition du Capitaine MARTIN, avait reçu l'ordre d'accompagner celui-ci dans une action offensive sur PARUX avec les éléments restants du 1er peloton du Chef de La SELLE.

S'infiltrant à travers le bois du Chêne Fourchu, les hommes de ce peloton porté parviennent jusqu'à la lisière extérieure du bois sans être décelés et surprennent l'Infanterie ennemie qui défend le village; ils ouvrent le feu avec leurs armes automatiques sur les servants d'une arme antitank qui se rendent à leurs emplacements de combat. Le tireur LARBI BEN MOHAMED en tue plusieurs avec sa mitrailleuse, clouant les autres au sol.

Le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE fait alors sortir quelques chars pour détruire au canon l'arme ennemie et donne l'ordre aux élémments à pied de reculer quelque peu pour dégager le champ de tir. L'antitank est détruit mais l'éclatement prématuré d'un obus de 75 amène la mort du Brigadier CONNUS * et la mise hors de combat de l'Aspirant ABALAN.
—————
Note:
* Le Spahi Roger MARION en parle
dans ses mémoires au sujet de son frère Guy qui était au 3ème Escadron.
—————


Le Chef de La SELLE prend le commandement des éléments de l'escadron présents sur le terrain. Environ 65 ennemis sont capturés.

La progression reprend sur PARUX où l'ennemi, démoralisé, se défend faiblement et nos forces capturent encore 75 hommes. Les prisonniers sont rassemblés et enfermés dans l'église, tandis que les véhicules, restés en arrière, reçoivent l'ordre de rejoindre.

Le regroupement terminé, la colonne aux ordres du Capitaine MARTIN prend la route de CIREY pour faire sa jonction avec les éléments du Capitaine KOCHANOWSKI venant de 314. Cette jonction étant réalisée, le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE, arrivé en tête de colonne, donne l'ordre au Capitaine MARTIN de pousser immédiatement, derrière le peloton LANDRY, sur CIREY et de s'emparer de la ville. Le 6ème Escadron met à sa disposition le peloton GUELLEC et le 1er peloton qui partent avec lui. Le Capitaine Commandant continue la garde du carrefour avec le reste de l'Escadron, les TD du Lieutenant de GAULLE et prend sous son commandement le peloton de VAUX qui est poussé sur PETITMONT.

Les éléments aux ordres du Capitaine MARTIN rencontrent une certaine résistance aux lisières de CIREY-SUR-VEZOUZE. Déployés, les chars détruisent deux 88 et, avec le soutien des éléments portés, s'engouffrent dans la ville où ils capturent un matériel important: pièces d'artillerie en particulier et de nombreux prisonniers.

Les ponts sont intacts.

Dès la réussite de l'opération, le Commandant donne l'ordre aux éléments reservés de rejoindre. Le peloton de VAUX est rappelé de PETITMONT où il a surpris les défenseurs, en détruisant un certain nombre, capturant une douzaine de prisonniers tandis que les éléments amis, venant par la route de BADONVILLER, y pénètrent en combattant.

Après regroupement, le mouvement sur CIREY s'exécute sans encombre.

L'Escadron est mis à la disposition du Capitaine MARTIN, chargé de la défense de la localité et s'organise pour couvrir les ponts au plus près.

Le Capitaine Commandant reçoit la mission de patrouiller le château et ses abords. Ils sont trouvés vides d'ennemis.

Une voiture légère allemande est capturée avec ses deux occupants par un piquet de garde du 3ème peloton quand elle se présente devant nos lignes, croyant toujours la place aux mains des Allemands, pour apporter la soupe.

Les pertes considérables des 1er et 2ème pelotons, l'immobilisation de plusieurs véhicules à l'arrière rendent nécessaire de grouper les éléments présents du 1er et du 2ème pelotons sous les ordres du Chef de La SELLE.

Durant la nuit, l'ennemi maintient un tir de harcèlement sur la ville. Rien à signaler dans le secteur tenu par l'escadron, mais des engagements ont lieu entre des patrouilles amies et des éléments ennemis qui, dépassés, essayent de rejoindre le gros de leurs forces.

Le 1ère classe AHMED BEN MOHAMED, blessé, est évacué, le 1ère classe MOHAMED BEN TOUNSI, blessé, rejoint après pansement.


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MessageSujet: 19 novembre 1944   Jeu 19 Nov 2015 - 7:01

Dimanche 19 novembre 1944

Vers 8 heures, le peloton LANDRY, renforcé du groupe d'assaut du Maréchal-des-Logis BOUJMAA, continue la progression sur l'axe LA FRIMBOLLE — SAINT-QUIRIN. Il est suivi par un élément du Lieutenant LE GOASGUEN, le Capitaine MARTIN ayant été blessé après un éclat, quelques minutes avant le départ de la colonne, comprenant des chars, des TD et le reste du peloton de LA SELLE.

Le Capitaine Commandant prend le commandement des éléments réservés composés du peloton GUELLEC, des 2 TD du Lieutenant de GAULLE et du peloton de VAUX.

L'ennemi continue ses tirs d'artillerie sur la ville.

Un obus tue deux fusiliers-marins, en blessant deux autres. Un peu plus tard, le Maréchal-des-Logis MEKKI est atteint de plusieurs éclats d'un obus très proche. Il est évacué souffrant d'une forte commotion.

Vers 10h30, sans ordres par suite de liaison défectueuse, le Capitaine décide de rejoindre sur l'axe avec les éléments à sa disposition.

Arrivé devant LA FRIMBOLLE, le Sous-Lieutenant LANDRY a été arrêté par deux canons de 20 mm. Resté en observation, il est rejoint par les éléments de tête avec lesquels se trouve le Chef d'Escadrons MOREL-DEVILLE, nos chars et nos TD détruisent les armes ennemies et pénétrent dans le village où le groupe du Maréchal-des-Logis BOUJMAA capture plusieurs prisonniers.

Le Sous-Lieutenant LANDRY poursuit sa route suivi du peloton de chars DUHALGOUET, tandis que le Lieutenant LE GOASGUEN et le Chef de LA SELLE restent dans la partie haute du village.

À son arrivée, le Capitaine Commandant reçoit l'ordre transmis par le Lieutenant DEMANGE de tenir avec ses éléments les deux parties du village. Laissant le peloton GUELLEC en renfort dans la première partie du village, il se rend, avec le peloton de VAUX, jusqu'au groupe de maisons entourant l'église.

Vers 11h30, le Sous-Lieutenant LANDRY est arrêté par une barricade 1500 mètres après les dernières maisons de LA FRIMBOLLE, en direction de SAINT-QUIRIN. Tandis qu'il essaie de négocier le passage, l'ennemi ouvre le feu. Des éléments d'Infanterie sont retranchés à l'intérieur du bois sur la croupe qui domine la route à notre droite. Nos véhicules, qui n'ont avec eux que le groupe BOUJMAA comme élément à pied, répondent de leurs canons et de leurs mitrailleuses, mais ne réussissent pas à impressionner l'ennemi enterré et invisible. Devant l'attitude agressive de celui-ci, qui met en œuvre des Panzerfaust, le Commandant, qui se trouve en tête, ordonne le repli, hors du couvert, des éléments blindés et réclame d'urgence le peloton de l'Adjudant-Chef GUELLEC. Le Sous-Lieutenant LANDRY a été blessé dès les premières balles.

Pendant que les hommes du Maréchal-des-Logis BOUJMAA qui s'étaient déployés face à l'ennemi pour protéger nos chars, reprennent place sur ceux-ci, le Brigadier ALI BEN HAMOU est atteint d'une balle explosive à la jambe. Sous un feu violent, le Maréchal-des-Logis BOUJMAA parvient à le tirer à l'abri et à le charger sur ce véhicule avec l'aide de ses hommes.

Le peloton GUELLEC, immédiatement envoyé, est lancé par le Chef d'Escadrons dans le couvert de droite avec mission d'atteindre la crête du contrefort boisé sur lequel l'ennemi semble se tenir et de faire tomber la barricade en débordant les défenseurs.

L'Adjudant-Chef GUELLEC envoie un groupe d'assaut en avant et se tient prêt à déployer le reste de ses éléments. Le couvert est très dense et la liaison entre les groupes difficile. La progression se fait très vite sans rencontrer de résistance sur la pente. À quelque distance de la crête, le Brigadier MILLE surprend 3 Alpenjaeger qui organisaient leur emplacement de combat. Pendant qu'il les capture, la fusillade éclate tout le long de la crête.

L'Adjudant-Chef déploie, à droite et à gauche des premiers éléments arrêtés, les groupes qui lui restent. Il semble que son intention ait été, appuyé sur un groupe de mitrailleuses placé à droite et qui avait atteint presque le sommet de la crête, d'aborder de front les défenses avec les groupes d'assaut.

Malheureusement, le tireur de mitrailleuse du Brigadier MILLE, ABDALLAH BEN BOUCHAID, est blessé. Le chargeur, qui porte le trépied, n'a pas rejoint. Le Brigadier ALLIX, qui s'efforce de rejoindre avec l'autre escouade de mitrailleuses le Brigadier MILLE, resté seul avec sa pièce inutilisable, est tué d'une rafale de mitraillette tirée à courte distance.

L'Adjudant-Chef GUELLEC parvient à s'avancer jusqu'au Brigadier MILLE et, se rendant compte de la situation, donne l'ordre à ce gradé de tenir sur place pendant qu'il va ramener du monde à gauche.

Il s'éloigne dans cette direction et ne sera plus revu vivant par ses hommes. En effet, des trous existent entre nos groupes, dont la liaison est mal assurée, et l'ennemi, qui s'infiltre d'arbre en arbre, se glisse entre nos éléments. Le corps de l'Adjudant-Chef GUELLEC sera retrouvé atteint d'une rafale de mitraillette.

Plus à gauche, les groupes d'assaut ont continué leur progression sans autre ordre, soumis au feu meurtrier d'un ennemi très bien organisé, dont les emplacements de tir et les uniformes sont invisibles à quelques mètres.

Mais, successivement, le Maréchal-des-Logis LEBRUN, puis le Maréchal-des-Logis HAMADI, qui progressent en tête de leur groupe, sont tous deux gravement blessés, ainsi que le Spahi MOHAMED BEN DJILALI 2066.

Le Chef PAYA Y PASTOR ayant reçu l'ordre de rester avec les véhicules, tous les gradés ont été mis hors de combat, à l'exception du Brigadier MILLE complètement isolé sur la droite. Restés sans chefs, les hommes arrêtent leur progression, se contentant de répondre au tir de l'ennemi.

Prévenu de la situation par les hommes qui évacuent les blessés, le Commandant MOREL-DEVILLE donne l'ordre au Chef PAYA Y PASTOR de se rendre jusqu'à la ligne des tirailleurs et de ramener nos éléments auprès des véhicules. Ce sous-officier exécute sa mission, et le repli se déroule sans encombre.

Malheureusement, il était impossible de s'approcher du corps du Brigadier ALLIX, l'ennemi battant la crête de feux impossibles à franchir.

Les éléments de l'Adjudant-Chef, environ 25 hommes, se sont heurtés à une position défendue par des troupes de montagne au nombre de 140 au dire des prisonniers.

À ce moment, tout le monde ignore que l'Adjudant-Chef GUELLEC a été tué et le Chef PAYA Y PASTOR le fait même chercher auprès du Capitaine Commandant qui se trouve à LA FRIMBOLLE. Celui-ci n'est averti de la disparition du dernier Chef de peloton qu'à 17 heures.

Entre-temps, un sous-groupement ami, aux ordres du Lieutenant-Colonel MASSU, a dépassé nos troupes, mais l'attaque, qu'il a montée immédiatement avec des moyens bien plus puissants que les nôtres, est arrêtée à son tour. L'obscurité tombant, les bois ont été évacués tandis que des dispositions sont prises pour reprendre l'attaque à l'aube sur une plus large échelle.

Les éléments du 6ème Escadron, repliés sur LA FRIMBOLLE, sont disposés de façon à pouvoir surveiller les lisières environnantes où l'apparition de patrouilles ennemies est toujours possible.

Durant l'après-midi, des coups qui semblent de 88 mm sont tombés à proximité des maisons.

La nuit se passe sans autre incident.


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MessageSujet: 20 novembre 1944   Ven 20 Nov 2015 - 8:47

Lundi 20 novembre 1944

L'attaque du sous-groupement MASSU, qui a mis en ligne 2 compagnies soutenues par des engins blindés, réussit à annihiler toute résistance ennemie vers 10 heures.

Les corps de l'Adjudant-Chef GUELLEC et du Brigadier ALLIX, retrouvés, sont ramenés à LA FRIMBOLLE.

La journée est mise à profit pour remettre de l'ordre dans les pelotons que les nécessités de combat et la disparition d'une grande partie de l'encadrement avaient amené à mélanger en groupes temporaires.

Les éléments, restés en arrière avec les véhicules en panne, sont récupérés et deux pelotons formés, commandés respectivement par les Maréchaux-des-Logis Chefs de LA SELLE et PAYA Y PASTOR.

À la tombée de la nuit, le Commandant du sous-groupement détache deux éléments afin de couvrir en direction du DONON l'attaque faite par le sous-groupement MASSU.

Le Chef de LA SELLE avec le Maréchal-des-Logis BOUJMAA sont détachés pour cette mission.

Nuit: rien à signaler.


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MessageSujet: 21 novembre 1944   Sam 21 Nov 2015 - 7:40

Mardi 21 novembre 1944

À 9 heures du matin, l'Adjudant-Chef GUELLEC et le Brigadier ALLIX sont enterrés au cimetière de LA FRIMBOLLE, en présence du Colonel commandant le régiment, après une brève cérémonie à l'église du village.

Le Colonel affecte au 6ème Escadron 2 officiers et 32 hommes et gradés français "partie des renforts qu'il vient de recevoir".
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MessageSujet: Citation à l'ordre de l'Armée   Sam 21 Nov 2015 - 7:41

Extrait du JOURNAL OFFICIEL du 16 septembre 1945

ORDRE DE L'ARMÉE

6ème Escadron du 1er Régiment de Marche de Spahis


«Unité marocaine formée à la libération de PARIS et qui, sous le commandement du Capitaine KOCHANOWSKI, a trouvé sa cohésion au cours des combats de Lorraine et d'Alsace. Après avoir tenu stoïquement l'arme au pied sous un très dur bombardement quotidien la base de l'attaque de la 79ème DI USA à MIGNÉVILLE, a pu donner libre cours à ses qualités d'allant en s'emparant les 16 et 18 novembre 1944, en liaison avec les unités blindées et en dépit de la vive résistance d'un ennemi mordant, de NONHIGNY, MONTREUX, PARUX, CIREY-SUR-VEZOUZE.

Malgré de très lourdes pertes se montant au tiers de l'effectif et ayant vu tomber tous ses officiers, a donné la mesure de sa valeur le 19 novembre à l'affaire de la barricade de la route de LA FRIMBOLLE à SAINT-QUIRIN en s'élançant à l'assaut d'un piton boisé tenu par des Alpins très supérieurs en nombre et solidement retranchés et en atteignant d'un élan, au prix du sacrifice de son dernier Chef de peloton, les positions ennemies, lui infligeant des pertes sévères et ramenant des prisonniers.»


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MessageSujet: 21 novembre 1944   Sam 21 Nov 2015 - 7:41

EN ALSACE AVEC LE GTR


Mardi 21 novembre 1944 (suite)


Vu l'impossibilité de transporter et d'armer sur place les nouveaux arrivés, le Capitaine Commandant prend la décision de former, avec la plus grande partie de ces éléments, un 3ème peloton aux ordres du Sous-Lieutenant ROSSINES.

Cet officier reçoit la mission de se rendre à l'atelier réglementaire avec ses hommes pour y récupérer, au fur-&-à-mesure de leur remise en état, les véhicules de l'Escadron. Des armes lui seront passées dès que la situation permettra de récupérer, au magasin et dans les pelotons, celles que l'évacuation ou la disparition de leurs anciens possesseurs aura rendu disponibles.

L'Aspirant CESURE prend le commandement du 2ème peloton.

À 12h30, l'Escadron, sauf le peloton ROSSINES, démarre avec le sous-groupement pour WALSEHEID [WALSCHEID] par SAINT-QUIRIN, WASPERWILLER [VASPERVILLER] et ABRESCHEWILLER [ABRESCHVILLER]. L'Escadron cantonne dans la partie sud du village en halte gardée.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 22 novembre 1944   Dim 22 Nov 2015 - 6:17

Mercredi 22 novembre 1944

Départ à 7h30 pour BIRKENWALD avec les éléments du sous-groupement MOREL-DEVILLE.

Peu avant DABO, le Half-Track 410.716 tombe en panne et doit être laissé dans cette localité.

2 kilomètres avant OBERSTEIGEN, la colonne s'arrête derrière de nombreux véhicules alliés qui embouteillent la route.

Le Capitaine Commandant, qui pousse jusqu'à OBERSTEIGEN où le Chef d'Escadrons établit provisoirement son PC, reçoit à 11 heures l'ordre de détacher un groupe à la disposition du Lieutenant LE GOASGUEN qui va à BIRKENWALD et de se porter, avec le reste de l'Escadron et le peloton de chars BIEHLMANN, sur WANGENBOURG.

En effet, un officier du 2ème Bureau, qui se trouve à OBERSTEIGEN, a pu rentrer en liaison téléphonique avec un certain nombre de localités encore occupées par l'ennemi, ou vides de tout élément, et prétend que des éléments ennemis se portent de SHIRMECK [SCHIRMECK] sur WANGENBOURG. Une batterie d'artillerie à RIEGENTHAL [?] s'apprêterait à ouvrir le feu sur l'axe.

Le débouché de la route de WANGENBOURG ayant été miné par nos premiers éléments, le Génie nous ouvre un passage et la colonne débouche au carrefour d'EIGENTHAL [ENGENTHAL] à 11h30.

Les civils rencontrés rendent compte que les premiers renseignements reçus sont faux: il n'y a pas d'artillerie à EIGENTHAL [ENGENTHAL] mais des pièces antitank seraient en position au sud de WANGENBOURG et quelques groupes isolés errent dans les forêts.

La progression est reprise immédiatement et 10 minutes plus tard, le village de WANGENBOURG est occupé par la majeure partie de nos éléments, tandis que des éléments aux ordres du Maréchal-des-Logis de VANSSAY, avec un 57, tiennent le carrefour d'EIGENTHAL [ENGENTHAL].

Au tournant qui précède le carrefour, le char léger, monté par le Sous-Lieutenant BIEHLMANN est tombé dans le ravin par suite de l'éboulement d'un mur de soutien. Il n'est pas récupérable sans longs travaux et doit être abandonné après récupération des armes et de l'équipement.

Des renseignements précis sont obtenus à WANGENBOURG sur les forces ennemies; 2 anti-chars de 75 se trouvent à WOLFSTHAL, l'un à la lisières nord du petit bois trois cents mètres avant les premières maisons du hameau, l'autre plus en arrière. La liaison téléphonique avec l'auberge de WOLFSTHAL permet d'être constamment au courant de l'activité de ces éléments que l'aubergiste nous décèle malgré les risques courus.

Le Capitaine Commandant demande l'autorisation d'exécuter contre eux un coup de main mais le Chef d'Escadron MOREL-DEVILLE interdit toute attitude offensive.

En conséquence, nos éléments qui sont renforcés en fin d'après-midi du peloton de GAULLE se bornent à interdire, par des feux d'infanterie et d'antitank, tout mouvement venant du sud et assurent leur sûreté immédiate en patrouillant les lisières voisines.

Au cours de la journée, tant à WANGENBOURG qu'au bouchon du carrefour d'EIGENTHAL [ENGENTHAL], une trentaine d'Allemands dont 2 officiers, sont faits prisonniers.

Le Sous-Lieutenant ROSSINES, resté à PARUX, participe avec un groupe de son peloton à une opération de nettoyage du village d'ANGOMONT commandée par le Capitaine AUTIER. Une vingtaine d'ennemis, qui occupent encore cette localité, se sauvent à l'approche de nos forces, laissant entre nos mains un prisonnier et du matériel.

Le Spahi VITE Édouard se blesse accidentellement avec une arme de prise. Il doit être dirigé sur un hôpital.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 23 novembre 1944   Lun 23 Nov 2015 - 5:51

Jeudi 23 novembre 1944

Une dizaine de soldats allemands viennent se rendre à nos postes. Ils sont évacués avec les autres prisonniers sur OBERSTEIGEN.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 24 novembre 1944   Mar 24 Nov 2015 - 6:45

Vendredi 24 novembre 1944

Le Half-Track laissé à DABO, récupéré par le dépannage qui l'a rencontré sur l'axe, rejoint l'Escadron.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 25 novembre 1944   Mer 25 Nov 2015 - 7:02

Samedi 25 novembre 1944

Les éléments ennemis, qui occupaient le WOLFSHAFE [WOLFSTHAL ?] et qui s'étaient renforcés au cours de la journée précédente, quittent cette localité et se dirigent sur OBERHALACH [OBERHASLACH]. Ils barricadent leur route de repli à hauteur du lieu dit: "?" par des abatis.

Un détachement, comprenant 2 chars et un groupe d'assaut aux ordres du Chef de La SELLE, va reconnaître le WOLFSTHAL. Dorénavant, cette agglomération sera surveillée de jour par un avant-poste, dont la liaison est assurée par téléphone et par radio.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 26 novembre 1944   Jeu 26 Nov 2015 - 6:07

Dimanche 26 novembre 1944

Le Capitaine Commandant reçoit l'ordre d'envoyer sur OBERSHAEFFEILHEIM [OBERSCHAEFFOLSHEIM?] le peloton de TD de l'enseigne de Vaisseau de GAULLE. Celui-ci démarre à 13 heures.

Le peloton ROSSINES, qui a fait mouvement avec les TC [TD?], arrive à WASSELONE [WASSELONNE]. Il a déjà récupéré 2 Half-Tracks (M5-415233, M3A1-410654) de retour de l'ER et a reçu par le camion de ravitaillement, qui assure la liaison entre les éléments épars de l'Escadron, une grande partie de l'armement individuel et collectif nécessaire à son armement.

WANGENBOURG: rien à signaler.
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MessageSujet: 27 novembre 1944   Ven 27 Nov 2015 - 9:53

Lundi 27 novembre 1944

Le Capitaine Commandant reçoit l'ordre de rejoindre à BRUCHWICKERSHEIM [BREUSCHWICKERSHEIM] le GTR. La colonne démarre à 14h30 et arrive à destination par WASSELONE [WASSELONNE] et STEINHEIM [?] à 16h30.

Au passage, le Capitaine Commandant donne l'ordre au Sous-Lieutenant ROSSINES de se poster pour la nuit avec deux groupes à WANGENBOURG, afin de ne pas laisser cette localité isolée à la merci d'une patrouille ennemie.

Les éléments aux ordres du Capitaine Commandant installent le cantonnement dans la partie nord de BRUCHWICKERSHEIM [BREUSCHWICKERSHEIM]. Celui-ci passe sous le commandement du Capitaine de BOISSIEU qui commande un sous-groupement du GTR.

Cet officier donne l'ordre de faire mouvement le lendemain à 7 heures sur OBERNAI.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 28 novembre 1944   Sam 28 Nov 2015 - 6:04

Mardi 28 novembre 1944

À 7 heures, les éléments de l'escadron, rejoint par le 3ème peloton arrivé de WANGENBOURG avec ses trois véhicules, font mouvement sur OBERNAI avec le sous-groupement de BOISSIEU.

Dans cette localité, une longue halte est marquée de 10 heures à 15 heures.

Les sous-groupements de tête ne parviennent pas à déboucher sur leurs objectifs.

À 15 heures, le Capitaine de BOISSIEU, ayant reçu l'ordre de rejoindre WALFF [VALFF] par un itinéraire détourné et de pousser, à partir de ce village, une reconnaissance sur WESTHOUSE, charge le Capitaine Commandant de cette opération.

Les inondations ayant fortement endommagé la route, WALFF [VALFF] n'est atteint qu'à 17 heures. L'opération est décommandée et l'Escadron s'installe dans la partie est de la localité en surveillance dans cette direction.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 29 novembre 1944   Dim 29 Nov 2015 - 7:02

Mercredi 29 novembre 1944

Le Capitaine Commandant reçoit la mission de reconnaître WESTHOUSE avec un détachement composé du peloton de LA SELLE, du peloton CESURE, du peloton de chars BIEHLMANN et d'un élément du Génie.

Départ 7h30. Il est arrêté peu après la sortie du village par l'ANDLAU dont le pont a été coupé par l'ennemi. En attendant que le Génie construise un pont pour les véhicules, un arbre est jeté sur la coupure et permet de faire passer les éléments à pied.

L'opération est retardée par le sol détrempé et les dépôts de munitions de la forêt de KITTELWALD sautent avant l'arrivée de nos premiers éléments. Quand le premier peloton s'est déployé sur la lisière faisant face à WESTHOUSE, le Capitaine Commandant, avec le peloton CESURE, pousse à travers bois sur la ferme d'HOLZBAD.

Un groupe de combat est laissé au rentrant du bois à gauche du 1er peloton. Quand le reste du peloton atteint la ferme d'HOLZBAD, il y a surprise parmi les éléments ennemis sans garde. Après les premiers coups de feu, les Allemands essaient de se déployer hors de la ferme, mais en sont empêchés par le tir précis que dirigent sur eux les mitrailleuses du Brigadier MILLE. Ils s'enfuient après un court essai de résistance, laissant entre nos mains un blessé grave et du matériel dont une ML de 20 mm et des Panzerfaust. Quelques instants plus tard, 3 Allemands, qui s'étaient réfugiés derrière un silo de béton, sont découverts et faits prisonniers. Le fermier nous dit qu'une quarantaine d'Allemands se sont échappés vers le nord-est poursuivis par notre feu.

Durant ce coup de main, une voiture légère allemande s'est présentée devant le 1er peloton; criblée de balles, elle se jette contre un arbre et les deux occupants blessés sont pansés par nos soins. Un motocycliste, qui suivait la voiture, est capturé avec son véhicule: c'est l'Oberleutenant qui commandait la ferme. En attendant que l'itinéraire soit déblayé pour permettre aux véhicules de suivre, le Capitaine Commandant organise la surveillance et la défense aux lisières. Les mitrailleuses installées à la ferme prennent à partie de nombreux ennemis qui, par petits groupes, quittent le bois au nord et se dirigent sur WESTHOUSE. Quelques tirailleurs ennemis vers 155 échangent des coups de feu avec les nôtres. À 15 heures, le Capitaine de BOISSIEU arrive par la route qui vient d'être ouverte et donne l'ordre de se préparer à reconnaître cette localité. Devant les difficultés présentées par le terrain, il retourne chercher des ordres, disant d'attendre son retour avant de commencer toute opération.

L'ennemi ouvre le feu avec une batterie de 105 sur la ferme et les lisières. Les coups semblent venir de BENFELD.

Le Capitaine Commandant met en place le dispositif. Durant la reconnaissance qu'il effectue avec les officiers sous ses ordres, il est rejoint par le Chef d'Escadrons SAVELLI.

Un obus, qui éclate dans les branches, blesse légèrement cet officier et le Maréchal-des-Logis Chef PEREZ du 1er peloton, tandis qu'un éclat atteint gravement l'AT MEKADEM MOHAMED 2376 du 2ème peloton. Heureusement, l'ambulance, qui avait été réclamée pour le transport des blessés ennemis, vient d'arriver et rend possible l'évacuation des blessés les plus graves.

Le Chef d'Escadrons SAVELLI, après s'être fait panser, précise avant de partir de suspendre toute opération jusqu'à nouvel ordre.

À 16h30, le Capitaine de BOISSIEU, de retour, donne l'ordre de repli jusqu'à WALFF [VALFF] et prescrit de détruire au canon les dépôts qui n'ont pas sauté. L'un de ceux-ci, piégé, a causé la mort d'un Sous-officier du Génie et des blessures à 2 sapeurs.

Le ponceau de la SCHERNEUVE [SCHERR NEUVE] sera démonté par le Génie, celui de l'ADLAU gardé par un groupe de combat pour la nuit.

Les dépôts ayant sauté sans difficulté, le travail du Génie terminé, tous nos éléments rejoignent leur cantonnement laissant le groupe PAYA Y PASTOR de garde de nuit.

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MessageSujet: 30 novembre 1944   Lun 30 Nov 2015 - 7:06

Jeudi 30 novembre 1944

Dans la matinée, ce groupe est relevé par un autre du 1er peloton.

Cette garde est supprimée à 16 heures lorsque le pont est coupé par le Génie. Les Maréchaux-des-Logis ARTESE et MOHAMED, malades, sont évacués.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 1er décembre 1944   Mar 1 Déc 2015 - 7:06

Vendredi 1er décembre 1944

Le détachement aux ordres du Capitaine Commandant comprenant les 2ème et 3ème pelotons de l'Escadron, un peloton de 2 obusiers et le peloton de chars BIEHLMANN fait mouvement à 11h30 sur STOTZHEIM.

Le 1er peloton est détaché aux ordres du Lieutenant SERIZIER dont le détachement exécute le même mouvement. Le camion Dodge Mle 405178 est en panne; le dépannage de l'Escadron commence le changement de moteur. Le Chef ADAMI prend provisoirement le camion GMC Mle 417339.

STOTZHEIM: rien à signaler.
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MessageSujet: 2 décembre 1944   Mer 2 Déc 2015 - 14:33

Samedi 2 décembre 1944

Le Half-Track M5 Mle 410716 du 3ème peloton tombe en panne d'embrayage. Son équipage est réparti sur les chars du peloton BIEHLMANN. Le dépannage ayant perçu le démarreur du Half-Track, la remise en état de ce véhicule est immédiatement entreprise.

Ordre de mouvement sur KOGENHEIM reçu à 12h30. Le détachement, renforcé d'un obusier qui a rejoint les deux déjà mis à la disposition du Capitaine Commandant, fait mouvement et cantonne dans la partie ouest du village en attendant de nouveaux ordres.

Le Sous-Lieutenant DESCORPS et le Maréchal-des-Logis HOFER rejoignent l'Escadron sans avoir voulu attendre à l'hôpital leur guérison complète.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 3 décembre 1944   Jeu 3 Déc 2015 - 10:03

Dimanche 3 décembre 1944

Le sous-groupement de BOISSIEU, ayant reçu l'ordre de relever à EBERSHEIM des éléments américains qui se sont emparés de la localité, quitte KOGENHEIM à 15h30 pour effectuer cette relève.

Pour les éléments à la disposition du Capitaine Commandant, le dispositif suivant est adopté:

3ème peloton, face au sud à la disposition directe du Lieutenant de Vaisseau DURVILLE, chargé de la défense dans cette direction.

2ème peloton, déployé le long du MULHBACH, tient plus spécialement la passerelle jetée à l'emplacement du pont sauté avec, de jour, un poste avancé sur la rive droite.

1er peloton, commandé par le Lieutenant DESCORPS, occupe le moulin entre EBERSHEIM et EBERSMUNSTER.

Le peloton de chars du Sous-Lieutenant BIEHLMANN, gardé en réserve près d'un carrefour central, est prêt à intervenir sur tout point menacé du secteur.

La relève s'effectue sous un tir de harcèlement assez violent et est terminée vers 20 heures.

Nuit: rien à signaler.
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MessageSujet: 4 décembre 1944   Ven 4 Déc 2015 - 10:55

Lundi 4 décembre 1944

Plan de défense transmis au Capitaine de BOISSIEU.

Le Half-Track de commandement M2A1, Mle 95098 rentre de l'A.R. avec le Brigadier HADEY.

Tir de harcèlement de l'ennemi.

Le 1er peloton, qui a été rejoint au moulin par un demi peloton de TD, reconnaît la partie ouest d'EBERSMUNSTER.

À la tombée de la nuit, il occupe la partie de cette localité qui se trouve sur la rive gauche de l'ILL.
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MessageSujet: 5 décembre 1944   Sam 5 Déc 2015 - 7:23

Mardi 5 décembre 1944

Tir de harcèlement ennemi tuant un homme des chars légers, en blessant un autre et faisant, parmi la population civile, des victimes. Durant la journée, le Maréchal-des-Logis HOFER, qui a réussi à remettre en marche le central téléphonique détruit par les Allemands, relie le PC (École des Garçons) aux différentes PA.

Selon des renseignements fournis par des civils, les Allemands auraient projeté un coup de main sur notre poste d'EBERSMUNSTER.

Le Capitaine Commandant se rend à la nuit avec le groupe de combat du Maréchal-des-Logis BERTRAND pour épauler le 1er peloton.

Le Spahi MILLER, venant du BR 2, est affecté au 3ème peloton.

Le Spahi YVARS rejoint.

La nuit s'écoule sans incident.
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