La 2ème Division Blindée de Leclerc

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 Spahi Roger MARION (3/3/1er RMSM)

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LGD-501
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MessageSujet: Re: Spahi Roger MARION (3/3/1er RMSM)   Lun 8 Déc 2014 - 19:33

Jean PFLIEGER a écrit:
Oui, LGD-501, c'est ce que Roger Marion dit dans les préliminaires de ses mémoires, que vous trouverez en page 1 à la date du 2 août 2014 sous les 4 *.

Ooops !  

salut LGD-501 salut
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Jean PFLIEGER
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MessageSujet: 11 décembre 1944   Jeu 11 Déc 2014 - 14:00


[Lundi 11 décembre]

Un autre René nous arrive le lundi 11 décembre: René WEBER, évadé de l'armée allemande, camouflé dans son MOLSHEIM natal, s'engage au 1er R.M.S.M. grâce au premier spahi rencontré le jour de la libération, le vaguemestre Roland SALOMON.
Et d'autres engagés arrivent du B.R. pour combler les vides.

Le séjour à NORDHOUSE est agréable.
Les Allemands ne sont pas loin et nous laissent tranquilles, à part un certain jeudi 7, où un MESSERSCHMITT nous balance ses "crottes": le car du 2ème peloton aura besoin de se faire réparer et l'ami DESSAUCE (BOBING) reçoit quelques éclaboussures.
Comme par hasard, ce sera mon cousin René PERRIN, de l'atelier du 501, qui viendra quelques jours plus tard pour conduire le car à un atelier compétent. René m'avait préparé un jerrican de vin d'Alsace… hélas, le précieux liquide était gelé. Je crois me souvenir de lui avoir donné la dernière bouteille de la Mère COSSERAT.

Nous nous échappons quelquefois à STRASBOURG, ce que n'apprécie pas le Capitaine DA quand il nous arrive de nous faire coincer!
Mais c'est à ERSTEIN que nous allons le plus souvent.
En service pour monter la garde au "Bruli", petite fabrique à la sortie est, d'où nous devinons les Allemands en face de nous.
Plus encore pour passer les soirées chez RINGEISEN et surtout chez l'oncle Achille ESSER, le secrétaire de mairie, demeurant dans la maison que nous avions atteinte le premier soir de la libération, avant de prendre position "Blumengasse".
Il m'arrive même d'aller au Q.G. (en A.M.!), dans un des bureaux de l'E.M., saluer le Lt-Colonel CLERC (de la Laiterie St-Hubert de NANCY) grâce à qui Roland et moi avions pu nous engager à la 2ème D.B. après notre incorporation de force au 31ème Génie de PORT-LYAUTEY. Favorable à l'engagement de "déserteurs" en novembre 1943 à CASABLANCA, le Lt-Colonel ne l'était pas du tout pour la récupération de véhicules: je m'en suis rendu compte en voulant rendre service à l'ami Georges PICOT!


Dernière édition par Jean PFLIEGER le Mar 23 Déc 2014 - 19:13, édité 2 fois
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MessageSujet: 23 décembre 1944   Mar 23 Déc 2014 - 19:14


Samedi 23 décembre 1944

Noël approche. Encore un Noël de guerre, mais qui se présente assez bien. Le peloton sera sans doute de repos, car l'après-midi du samedi 23 décembre, nous rentrons d'ERSTEIN où nous étions de garde au Bruli. Les Alsaciens sont heureux de nous faire partager cette fête familiale. Avec Roland, nous hésitons entre la famille BLANCHÉ et la famille ESSER-RINGEISEN qui, toutes deux, nous ont invités.
Le choix ne dépendra pas de nous. Notre A.M. est désignée pour aller en mission demain. Premier travail: nettoyage de l'A.M. Il me faut retirer l'aigle nazi que je promenais depuis près d'un mois à l'arrière du moteur.
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MessageSujet: 24 décembre 1944   Mer 24 Déc 2014 - 23:23


Dimanche 24 décembre 1944

Lever à 6 heures. Départ pour une destination inconnue. Nous sommes 5 A.M. Nous passons à OBERNAI, puis MOLSHEIM. Nous roulons très vite. Le courant d'air qui passe de ma "cage" par la tourelle est mordant. Dans le col de SAVERNE, en voulant rétrograder, je m'aperçois que le levier de vitesse est coincé dans la glace! J'arrête et je casse la glace avec un tournevis.
À la gare de SARREBOURG, nous nous mettons en position de départ, et nous apprenons que nous allons escorter jusque STRASBOURG un personnage important. Qui? Un grand "chef"?, de GAULLE?, CHURCHILL?
Un autorail arrive. De notre place, nous ne voyons rien.
En route pour STRASBOURG. Je ne sais plus à quel endroit (peut-être Place Kléber?) nous avons conduit notre grand personnage dont nous ignorons toujours l'identité.
Retour à NORDHOUSE où nous espérons être enfin de repos. Espoir vite déçu. À 15 heures, moteur en route… pour nous retrouver au BRULI, en renfort de garde.
Il se trouve qu'à midi, un avion américain en péril avait lâché ses bombes sur l'établissement où l'escadron prend la garde depuis 15 jours. Pas de casse heureusement. Mais ce n'est pas pour celà que nous sommes venus en renfort. Mystère pour la véritable raison.
Vers 18 heures, on entend les cloches sonner.
"Stille Nacht, heilige Nacht". Tu parles!
Pour fêter la Nuit de Noël, rien d'autre qu'une garde à monter!
Vers 20 heures, une patrouille allemande est signalée, devant nous, à un kilomètre.
Réflexion d'un copain, sans doute partagée par nos vis-à-vis: "On ne va tout de même pas tirer une nuit de Noël!" Il ne se passe rien.
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MessageSujet: 25 décembre 1944   Jeu 25 Déc 2014 - 10:48


Lundi 25 décembre 1944

Il parait que c'est Noël.
Lever à 6 heures. Il gèle.
Nous partons avec nos A.M. Comme hier, direction inconnue au départ.
SAND, BENFELD, KERTZFELD. Nous arrêtons avant STOTZHEIM dans un grand pré enneigé. Un détachement de différentes unités de la Division prend place. Préparatifs de défilé: un jour de Noël?
Notre attente ne dure pas. Notre illustre inconnu se révèle enfin: le Général de GAULLE nous passe en revue.
Arrivé devant nous, il fait remarquer au Général LECLERC la diversité de nos gants et autres équipements. Réponse du Patron, en souriant malicieusement: "Ils se débrouillent. C'est piqué aux boches.", ce qui est vrai pour la plupart d'entre nous. Personnellement, depuis MARMOUTIER, j'apprécie les bottes allemandes, plus pratiques que les chaussures-guêtres américaines, et des gants fourrés en peau de lapin permettent d'affronter les rigueurs de cet hiver.
Nous voyons, à côté de nous, le Lieutenant de Vaisseau Philippe de GAULLE saluer son père.
Après la revue, le défilé. Un à un, nous passons devant le Général de GAULLE.
Et nous rentrons à NORDHOUSE. Il est 10h30.

En 1969, pour le 25ème anniversaire de la Libération, une plaque a été apposée au mur de l'église d'ERSTEIN pour rappeler que le Général de GAULLE avait assisté à la Messe de Noël 1944, avec le Général LECLERC dont le Q.G. était installé en cette ville.
Peu après la guerre, Mr le Recteur Victor LUX, curé d'ERSTEIN au moment de la libération m'a rapporté qu'avant la communion de cette Messe de Noël, quelqu'un, chargé de la sécurité, avait demandé au Général de GAULLE si tout le monde pouvait venir communier. Réponse: "Je communie. Je ne vois pas pourquoi on empêcherait les autres de communier."

L'après-midi de ce Noël 1944, avec Roland nous assistons à une petite fête alsacienne à ERSTEIN et nous passons la soirée chez la famille ESSER. La Mercédès de STRASBOURG est bien pratique pour de tels déplacements. Il se fait tard quand nous rentrons à NORDHOUSE.
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MessageSujet: 26 décembre 1944   Ven 26 Déc 2014 - 16:53


[Mardi 26 décembre 1944 - Lundi 1er janvier 1945]

Vacances de neige en face de la Ferme RIEDHOF

Le lendemain de Noël, nous quittons NORDHOUSE, y laissant nos A.M. et Pierre JAMIN, comme chef de détachement de la "base-arrière". En me confiant son Half-track, Pierre me dit: "Tu vas être em… Le démarreur ne fonctionne plus."

Du 3ème peloton, nous sommes une vingtaine: dont le chef de peloton Bernard de LA MOTTE, Roland LAMBOLEZ, René WEBER, Raphaël PAVIA, Robert BOISDRON, Antoine MORANDEIRA, Gilbert DUFOSSÉ… liste à complèter.

Nous traversons ERSTEIN, OSTHOUSE, MATZENHEIM, SAND.
À BENFELD, nous tournons à gauche, puis à droite. Par un chemin tout enneigé (l'actuel D212), nous arrivons à la hauteur de KOGENHEIM pour prendre position en face de la Ferme RIEDHOF, qui, paraît-il, est occupée par un certain nombre d'Allemands plutôt coriaces. Nous installons nos guitounes dans la blanche nature. Roland et moi préférons trouver refuge entre de gros troncs d'arbres entassés au bord du chemin: abri plus sûr.
Nous voici transformés en "biffins". "Nous sommes en l'air!" nous répète le Capitaine DA. Beaucoup de neige. Le thermomètre est à moins 15, et même plus bas.
Mitraillettes et mitrailleuses seraient probablement inutilisables, l'âme des canons étant bien givrée. Ce qui donne l'idée à je ne sais plus qui d'assurer notre protection en plaçant à plusieurs mètres devant notre poste avancé des grenades dégoupillées, soigneusement coincées sur leur cuillère. C'est ainsi que Raphaël ajoute une aventure de plus en allant satisfaire aux besoins de la nature (il y avait eu BADONVILLER et le REHTHAL). Un certain soir, l'opération presque terminée, Raphaël entend un déclic au-dessous de lui. Tout de suite, il réalise ce qui se passe et s'étale à plat ventre. La cuillère d'une de nos grenades se trouvant libérée, le mécanisme suit son cours. Une détonation ne tarde pas à se faire entendre. Raphaël s'en tire très bien…
Chaque matin, Zezette, musette en bandoulière, m'accoste en plaisantant: "Tu viens avec moi? Je vais installer le téléphone à la Ferme de RIEDHOF."
Il n'est même pas possible de faire du feu pour ne pas faire repérer nos positions.
Le soir, nous entendons des grincements de roues du côté du RIEDHOF. C'est peut-être nos vis-à-vis qui reçoivent leur ravitaillement.
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MessageSujet: 30 décembre 1944   Mar 30 Déc 2014 - 17:03


[Samedi 30 décembre 1944]

Dans la journée, j'essaye de faire tourner le moteur du Half-track en me faisant remorquer par l'obusier. Le samedi 30, rien à faire. Comme par hasard, c'est la fête de St Roger, mon patron: la mécanique n'est pas dans ses cordes. Le moteur ne veut pas démarrer. Si nous devons faire mouvement, Pierre JAMIN risque de ne jamais récupérer son "Fatrak". Le Chef de peloton m'envoie le reconduire à NORDHOUSE, en remorque derrière l'obusier. Inutile de décrire la tête que j'ai en arrivant, après avoir reçu tout ce que les chenilles du lance-patates m'ont envoyé pendant près de 20 km.
Je reviens sur l'obusier, sans autre véhicule, mais je suis bien accueilli, car les familles amies de NORDHOUSE et d'ERSTEIN m'ont remis plusieurs litres "d'antigel à usage interne" qui nous réchauffe mieux que les beans et meat and stew.
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MessageSujet: 1er janvier 1945   Jeu 1 Jan 2015 - 13:36


[Lundi 1er janvier 1945]

C'est dans cette forêt enneigée, en face de la ferme RIEDHOF que nous commençons l'année 1945. Ce lundi 1er janvier, je suis de garde de 02h00 à 03h00. Il neige. Vers 10h00, le Père MINERY vient dire la Messe. Nous l'avions vu la veille pour la 1ère fois. Je ne l'ai jamais revu pendant le reste de la campagne.
Enfin, dans l'après-midi de ce Nouvel An, nous sommes relevés par des éléments de la 1ère D.F.L. et nous quittons sans regret cette lisière de forêt. Adieu la Ferme RIEDHOF!
Je ne me doutais pas que, dans ces éléments qui nous relevaient, il y avait, pas très loin, un excellent ami, le sous-lieutenant Michel DEMANGE, qui serait tué à KOGENHEIM le 12 janvier. Michel était mon chef-sacristain au Grand Séminaire de NANCY et nous avions rejoint ensemble le MAROC en passant par les PYRÉNÉES et l'ESPAGNE.
Arrivés à NORDHOUSE, nous apprenons le départ de l'escadron pour demain.
Avec Roland, le soir, nous allons faire nos adieux à ERSTEIN à la famille ESSER-RINGEISEN.
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MessageSujet: 2 janvier 1945   Ven 2 Jan 2015 - 17:35


Mardi 2 janvier 1945

En quittant NORDHOUSE, nous avons l'impression d'abandonner ces braves gens que nous avions libérés les 26 et 28 novembre et qui nous ont accueilli si chaleureusement pendant le mois de décembre.
Après OBERNAI, MOLSHEIM, WASSELONNE, le REHTHAL nous rappelle la nuit du 20 au 21 novembre. À SARREBOURG, nous bifurquons vers le nord: LIXHEIM, RAUWILLER, HIRSCHLAND, EYWILLER, pour arrêter à GUNGWILLER où nous cantonnerons jusqu'au vendredi 19 janvier.

Mission purement défensive. À notre échelon, nous ne sommes pas dans le secret des dieux. Nous avons entendu qu'en décembre, la contre-offensive de von RUNDSTEDT n'avait pas réussi dans les ARDENNES. Les Allemands voudraient-ils attaquer le nord de l'ALSACE?

Les journées se passent à monter la garde, à entretenir le matériel, à faire quelques exercices de tir du côté de BERG ou de BETTWILLER.

À noter un petit incident qui m'est arrivé un jour de garde:
Un Capitaine américain arrive, en Jeep, par la route de SARRE-UNION. Comme il ne veut pas répondre au mot de passe et que je lui trouve une sale gueule, je le conduis dans ce qui sert de bureau à notre Capitaine (DA). Sans le faire exprès, je venais de faire prisonnier un Allemand qui avait piqué la Jeep et l'uniforme d'un Américain.

Nous apprenons ensuite que d'autres éléments de la Division se sont fait pièger ainsi avec des Shermans américains équipés d'Allemands déguisés en Américains.
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MessageSujet: 13 janvier 1945   Jeu 15 Jan 2015 - 8:49


[Samedi 13 janvier 1945]

L'ordre nous est donné de tirer sur tout ce qui ne paraît pas normal. Nous n'avons pas eu à le faire. Par contre, le samedi 13 janvier, un exercice de tir a failli être tragique et changer le cours de l'histoire de la Division. Exercice de tir en reconnaissance sur la route de BERG, 2 à 3 km au nord de GUNGWILLER. Le Général LECLERC, le Lt-colonel de GUILLEBON, chef du G.T.V. et le Capitaine DA se trouvent sur la route, peu avant l'entrée du village de BERG. Notre chef de peloton Bernard de LA MOTTE est avec eux. Tous quatre attendent notre arrivée en A.M. Je descends la petite route assez rapidement. Au commandement "Stop", je bloque, sans imaginer que le pied gauche du tireur se trouve sur la pédale du canon. Un 37 part dans l'axe de la route, en direction de nos quatre Chefs!

C'est un perforant qui est allé arrêter sa course on ne sait où. Personne n'a rien remarqué. Sans perdre son calme, le tireur tourne rapidement la tourelle à droite et ouvre le tir sur des arbres fruities désignés comme cibles. Ouf! Ce n'est qu'en décembre 1948, au cours d'une rencontre de quelques gars du peloton que Bernard avait organisé à PARIS que nous lui avons appris l'envoi involontaire de ce 37!

De retour à GUNGWILLER, nous nous gardons bien de parler de cet incident…

Dans le courrier de ce 13 janvier, un paquet de mon oncle Léon va me rendre de grands services pour mieux supporter les rigueurs de cet hiver: des mouffles qu'il m'a fabriquées dans des peaux de lapin. Des courroies de masque à gaz de la "drôle de guerre" les attachent entre elles. Pratique pour conduire, facile à retirer sans craindre d'en perdre un élément.
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MessageSujet: 14 janvier 1945   Jeu 15 Jan 2015 - 8:50


[Dimanche 14 janvier 1945]

Pour le deuxième dimanche passé à GUNGWILLER, un aumônier ou peut-être un curé du coin dit la messe à EYWILLER, village tout proche.
La neige tombe. L'inaction est pénible. Enfin, nous allons reprendre la direction de la plaine d'Alsace.
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MessageSujet: 19 janvier 1945   Lun 19 Jan 2015 - 17:13


Vendredi 19 janvier 1945

Il neige toute la journée.
À 19h00, nous quittons GUNGWILLER. DRULINGEN. PHALSBOURG. Ça n'avance pas vite. Les chenillés peinent dans les descentes, surtout celle du col de Saverne. De MOLSHEIM, nous gagnons OBERNAI.
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MessageSujet: 20 janvier 1945   Mar 20 Jan 2015 - 9:33


Samedi 20 janvier 1945

À 01h00 du matin, après 4 heures de route pour quelques 70km, nous arrivons à BERNARDSWILLER.

Le détachement précurseur a préparé le cantonnement. René WEBER a de la famille dans ce village, ce qui vaut au 3ème peloton d'être choyé. L'équipage de la SIMONE — devenue CHANTILLY — trouve un accueil chaleureux au 89 rue de l'Église dans la famille Alfred SIDEL. Quelques heures de sommeil dans de bons lits nous font récupérer les fatigues de la route. Nous ne sentons même pas le lourd édredon alsacien nous écraser les pieds.
BERNARDSWILLER fête aujourd'hui son patron: Saint Sébastien. L'église est pleine à craquer. Mme SIDEL met les petits plats dans les grands. Alfred se fait une joie de nous faire apprécier le produit de sa vigne.
L'après-midi, je gare l'automitrailleuse, par la rue arrière, en-dessous de la maison, ce qui permet de bricoler un éclairage électrique dans les pièces que nous occupons avec la famille.
Une grande partie de la population d'ERSTEIN, de NORDHOUSE et autres localités proches de l'ILL a été évacuée au début de janvier, après notre départ, et se trouverait à ROSHEIM ou dans la région.
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MessageSujet: 22 janvier 1945?   Jeu 22 Jan 2015 - 14:24


Lundi 22 janvier 1945

Lundi 22, avec Roland, nous profitons de la pause de midi pour essayer de nous renseigner à OBERNAI. Non seulement, nous n'apprenons rien, mais nous nous faisons coincer par le Capitaine DA qui nous engueule d'avoir quitté BERNARDSWILLER sans permission et retire à Roland la montre qu'il consultait pour justifier notre escapade à cette heure.

Cela ne nous empêchera pas le surlendemain de filer avec l'Opel (récupérée à STRASBOURG le 25 novembre) sur KRAUTERGERSHEIM, NORDHOUSE, ERSTEIN. Les 6 cylindres tirent bien, par contre, l'état des pneus laisse à désirer. Deux crevaisons au cours de cette expédition où nous n'avons pas retrouvé les familles amies: RINGEISEN, ESSER, BLANCHÉ.

Comme la neige persiste, ordre nous est donné de camoufler en blanc tous nos véhicules: badigeon sur les blindages et parois extérieures, vieux draps et tissus blancs de toutes provenances pour habiller les paquetages accrochés aux tourelles. Des photos rappellent ce déguisement qui rend quand même nos A.M. moins visibles dans le paysage tout blanc.

Nous ne sommes restés que cinq jours à BERNARDSWILLER, mais nous en gardons un excellent souvenir tant l'accueil a été si chaleureux. Merci, René, de nous avoir si bien logés.


Dernière édition par Jean PFLIEGER le Dim 25 Jan 2015 - 8:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Jeudi 25 janvier 1945   Dim 25 Jan 2015 - 8:34


Jeudi 25 janvier 1945

Au début de l'après-midi, nous quittons BERNARDSWILLER. Direction SELESTAT. La neige est épaisse. Alfred SIDEL a prévu ce qu'il faut pour lutter contre le froid. Le litre de schnaps passe de la tourelle à l'avant, et de l'avant à la tourelle. Ce va-et-vient ne dure pas: René déclare qu'il n'est pas prudent pour le conducteur et le radio de boire plus que nécessaire… il se croit sans doute obligé d'absorber cet "antigel" à notre place. Le schnaps ne tarde pas à faire son effet.

J'ai raconté ci-dessus qu'à l'occasion de retrouvailles de peloton en décembre 1948 Bernard avait appris qu'un 37 aurait pu avoir des conséquences fâcheuses pour lui, le capitaine, le colonel et le Général. À mon tour, j'apprends que René voulait me descendre. Voici la version racontée par les amis: Nous progressions lentement, dans la neige. À un moment où nous doublions des éléments du 501, René s'amuse à tirer sur les Shermans, sans leur faire aucun mal évidemment. Mais l'idée lui vient dans la tourelle de pointer son colt vers ma nuque. Très calmement, Roland qui se trouve à côté comme tireur, lui dit: "Qu'est-ce que tu fais là? — Ça, c'est Roger, je le descends. — Ne fais pas le con! — T'as raison." Et gentiment, René se laisse désarmer par Roland. Petit à petit, le schnaps le fait sombrer dans un profond sommeil… et dans le fond de la tourelle.

SELESTAT: le peloton prend position devant la maison de l'Arbeitsdienst (SELESTAT avait été libérée en décembre). Nous ne pouvons pas laisser René dans l'A.M. par ce froid. Avec peine, nous arrivons à le hisser à la hauteur des sièges de la tourelle, ce qui le réveille. À plusieurs reprises, il gémit: "Laisse tomber, c'est de la briquette!" Et c'est bien ce que nous faisons après l'avoir placé sur le bord de la tourelle. Dans sa descente vers le sol, son nez est rapé après les barres de fixation des mines.

Le lendemain matin, René se demande l'origine de cet "accroc" qu'il découvre sur son appendice nasal et qui se fait sentir. Il ne se souvient de rien et il conservera une cicatrice de cette arrivée à SELESTAT. Quant à moi, de l'Arbeitsdienst, j'ai gardé une plaquette ovale, en bois (18 x 27 environ) sur laquelle est fixé un profil d'Adolphe HITLER en bronze. Lequel se trouve à sa place dans… les toilettes.
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MessageSujet: 28-30 janvier 1945   Jeu 29 Jan 2015 - 8:31


[Dimanche 28 — mardi 30 janvier 1945]

Nous nous demandons ce que nous sommes venus faire ici. Seules diversions: une messe chez les Pères franciscains le dimanche, visite de mon cousin René PERRIN du 501 le lundi, un bombardement d'artillerie le mardi.
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MessageSujet: 31 janvier 1945   Sam 31 Jan 2015 - 8:58


[Mercredi 31 janvier]

Enfin le mercredi 31 janvier, nous allons participer à la fin de la réduction de la poche de COLMAR, en allant relever le sous-groupement PUTZ qui a eu de sérieuses pertes dont le colonel lui-même, le commandant PUIG et le lieutenant MICHARD des Missions Étrangères de Paris font partie de la quinzaine de tués le 28 janvier à GRUSSENHEIM.

L'après-midi, l'épaisse couche de neige commence à fondre. En route!
HIRTENGAERTEN, GUÉMAR. À OSTHEIM, nous quittons l'axe de COLMAR pour nous diriger vers JEBSHEIM et GRUSSENHEIM. Tout est en ruines. Nous pataugeons dans une épaisse couche de neige qui a commencé à fondre. La nuit tombe, mais le ciel est rouge au-dessus de MARCKOLSHEIM. Les obus éclatent un peu partout. C'est grandiose et sinistre à la fois. Je suis de garde de 21h30 à 23h00. Je me place un peu en avant de nos A.M. L'équipage et d'autres amis sont dans une espèce de cave-abri. Tout à coup, alors que je regardais, sur ma gauche, le ciel embrasé du côté de MARCKOLSHEIM, j'entends et je vois quatre grandes capotes, à la queue leu leu, se diriger vers moi, sans se douter, semble-t-il, de notre présence. D'après la longueur des capotes, ce ne sont ni des gars de la Division, ni des américains. Sur ma droite, à quelques mètres, déclic d'une mitrailleuse qu'on arme. Les quatre ombres stoppent, puis reprennent leur marche. Lancer le mot de passe ou tirer sur cette cible avec ma mitraillette dévoilerait notre position à "ceux d'en face" qui sont derrière ces "visiteurs du soir". Quand ils ne sont plus qu'à 3 ou 4 mètres, je rugis un "Halt!" avec un "H" aussi guttural que possible. Les quatre ombres foncent vers moi: "Kameraden! Nicht schießen! Nicht schießen!" Je n'ai jamais parlé correctement la langue de Goethe, mais je connais le sens de ce verbe que m'avait appris Mr GORNAY à PRENY, avec sa liste des 201 verbes irréguliers allemands, avant mon entrée au petit séminaire en 1935: schießen, schoß, geschoßen = tirer, lancer avec une arme. Tête des quatre gaillards m'entendre appeler René: "Viens vite, je viens d'attraper quatre poissons!"… lesquels se rendent sans difficultés. Quatre pistolets en plus pour nous. Ce sont les derniers prisonniers que j'ai faits sur le sol français.
Feu d'artifice et bombardement continuent. Mais mon temps de garde et le reste de la nuit se passent sans autre incident dans notre secteur.
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MessageSujet: 1er février 1945   Dim 1 Fév 2015 - 13:45


Jeudi 1er février 1945

Le matin, nous quittons les ruines de GRUSSENHEIM pour la direction nord: ELSENHEIM, OHNENHEIM, HEIDOLSHEIM, toujours dans la neige qui continue de fondre. Ces villages ne sont pas détruits et la population est restée. Envoyés en patrouille à HESSENHEIM. Un pont sauté. BOESENBIESEN, SCHWOBSHEIM, SUNDHOUSE, encore un pont sauté. WITTISHEIM où nous trouvons des goums arrivés peu avant nous par un autre axe. Nous traversons MUTTERSHOLTZ pour arriver à BALDENHEIM. Nous y cantonnons.
La joie de la population d'être enfin libérée, et définitivement, se traduit par une généreuse distribution de schnaps (dont le souvenir est conservé par plusieurs photos). Après avoir garé l'A.M. dans une grange, je vais prendre la position horizontale pour digérer ces libations. À mon réveil, l'ambiance générale est très, très gaie! L'escadron ne serait pas en état de partir en patrouille. Aucune importance: la campagne d'ALSACE est terminée pour ce secteur est de SELESTAT entre l'ILL et le RHIN.
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MessageSujet: 2 février 1945   Lun 2 Fév 2015 - 23:04


[Vendredi 2 février 1945]

Le lendemain, le capitaine me dit son intention de faire célébrer, dimanche, une messe pour les morts de l'escadron et me charge de trouver un curé. BALDENHEIM est desservie par MUTTERSHOLTZ où je me rends avec la Jeep du capitaine. Au retour, je vais prévenir la famille qui s'occupe de l'église de BALDENHEIM. Le curé m'a fait l'éloge de la jeune fille de la maison. Le camarade G.B., de l'Échelon, qui y logeait, ne l'aurait pas contredit, mais pour d'autres raisons!

[Samedi 3 février 1945]

Cette messe n'aura pas lieu: le samedi matin, ordre de départ, puis contrordre.
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MessageSujet: 4 février 1945   Mer 4 Fév 2015 - 7:47


[Dimanche 4 février 1945]

Finalement, le dimanche matin 4 février nous quittons BALDENHEIM.
MUSSIG, HEIDOLSHEIM, OHNENHEIM, ELSENHEIM, ILLHAEUSERN, GUÉMAR.
Puis OBERNAI, BISCHOFFSHEIM et cantonnement à GRIESHEIM.
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MessageSujet: 5 février 1945   Jeu 5 Fév 2015 - 8:28


[Lundi 5 février 1945]

Le lendemain, avec René WEBER et FONFON, en Opel, un tour à MOLSHEIM, chez la maman de René, à ROSHEIM où nous retrouvons quelques-uns de "réfugiés" d'ERSTEIN, et à BERNARDSWILLER dans les familles qui nous avaient reçus.
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MessageSujet: 6 février 1945   Ven 6 Fév 2015 - 12:37


Mardi 6 février 1945

Nous quittons GRIESHEIM pour LIPSHEIM où nous restons en repos jusqu'au jeudi 15 février.

D'autres unités du G.T.V. se trouvent aussi à LIPSHEIM, mais les habitants reconnaissent les spahis qui les ont libérés le 25 novembre. Ainsi, notre équipage trouve un accueil formidable chez Joseph WALTER, cultivateur d'une quarantaine d'années.
Joseph fait de louables efforts pour parler français, plus que nous pour essayer de parler alsacien. Pas un mot de français chez Madame. Aucune importance, elle cuisine très bien. René, l'aîné des quatre enfants, 13 ans, aime grimper sur l'A.M. garée dans la grange au fond de la cour.

Joseph nous donne les photos prises le 25 novembre par un de ses amis, François MUTSCHLER, lors de notre arrivée devant sa boulangerie de FEGERSHEIM. Les deux localités ne sont séparées que par la voie ferrée et la nationale. L'une de ces photos* est reproduite en bas de la page 102 de "Calots rouges et Croix de Lorraine" du Général ODDO. À noter que la rubrique est inexacte et incomplète: ce n'était pas en décembre, et c'était la première automitrailleuse qui entrait à FEGERSHEIM avec les prisonniers que nous venions de faire à la gare.

—————
Note:
Voir cette photo au
25 novembre
—————


Monsieur le Curé, l'Abbé SCHMITT, n'oublie pas notre première rencontre racontée plus haut [au 25 novembre 1944]. Il nous invitera volontiers et nous apprécions son kirsch aux framboises (de BIRKENWALD). De chez WALTER, il suffit de traverser la route pour entrer au presbytère par le jardin.

Séjour agréable. Tout d'abord, la guerre est terminée en ALSACE. Moins de gardes à prendre. Et la vie en famille nous fait oublier les rigueurs de l'hiver, le camping dans la neige, même si les lourds édredons nous écrasent les pieds! nous couchons dans des lits.
La cuisine alsacienne n'est pas à comparer aux boites de beans, surtout quand on ne pouvait pas les faire réchauffer.
La seule occupation est l'entretien du matériel, ce qui est normal.
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MessageSujet: 9 février 1945   Dim 8 Fév 2015 - 12:37


[Vendredi 9 février 1945]

Le Vendredi 9 février, la revue des véhicules a démontré que l'important n'était pas de passer blindage ou carosserie au mélange comme pour un défilé, mais de bichonner le moteur et faire tous les graissages.
Commencée par une engueulade du Chef de peloton à la vue de deux A.M. "dégueulasses", la revue se termine par un quartier libre pour papa WION et moi-même, conducteurs des deux A.M. et par une revue à recommencer pour les autres.
Sans s'occuper de la boue des blindages, le lieutenant de l'Échelon inspecte minutieusement les moteurs, contrôle le nettoyage des filtres, fait démonter le volet d'une maison proche pour vérifier les graissages de tous les cardans en se glissant sous les A.M. malgré la neige. Bravo et merci, mon Lieutenant!

Il nous arrive aussi de nous échapper de LIPSHEIM, en A.M., en stop, ou dans des voitures récupérées pour rendre visite aux amis d'ERSTEIN évidemment, de STRASBOURG.
J'arrive à retrouver à STRASBOURG une famille amie, la boulangerie MATTER près de la gare.
Avant mon départ de FRANCE, en octobre 1942, Joseph DUDENHOEFFER, le frère de Madame MATTER, m'annonçait son incorporation dans les Luftnachrichtruppen de la Luftwaffe. Aucune lettre ensuite. J'apprends qu'il a été porté disparu en Russie. Il n'en reviendra jamais. Et deux de ses frères ont été tués sous l'uniforme allemand. Combien de familles alsaciennes ont connu ces épreuves! Certains français ignoraient l'incorporation de ces "malgré nous". Je me souviens qu'à notre arrivée en ALSACE des amis de peloton s'étonnaient de voir à la place d'honneur dans la pièce principale de la maison une ou plusieurs photos de soldats allemands. C'était un fils, un frère, un fiancé…

Une petite échappée de quelques heures, ça va! Mais de plusieurs jours, bonjour les dégâts!
Ainsi, 45 ans après, notre ami Toutou, Paul THOUEILLE, vient d'en subir les conséquences. Mr PAGANELLI, Chef du 1er Bureau au Secrétariat des Anciens Combattants, lui refuse le droit à la retraite des anciens combattants. Se retranchant derrière des décisions absurdes, ce fonctionnaire reste insensible à plusieurs interventions bien légitimes, dont une lettre du Général ODDO qui replace les faits dans leur contexte: "engagé à 18 ans, campagne de Tunisie, campagne de France, la campagne d'Alsace terminée quand THOUEILLE est parti en fausse permission le 7 février pour revenir de lui-même le 11 février." Rien à faire: " … si l'amnistie (article 14 de la loi du 16 avril 1946) efface le caractère délictueux d'une infraction, elle n'en laisse pas moins subsister l'acte lui-même…"
Pauvre Toutou! Tu ne t'es pas empli les poches et tu n'es pas parlementaire!


Dernière édition par Jean PFLIEGER le Sam 14 Fév 2015 - 8:03, édité 1 fois
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MessageSujet: 14 février 1945   Sam 14 Fév 2015 - 8:04


[Mercredi 14 février 1945]

Le mercredi 14 février, après un tour à STRASBOURG le matin, préparatifs de départ. L'après-midi et soirée d'adieux chez l'Abbé SCHMITT, qui avait été un des premiers à nous accueillir le 25 novembre.
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MessageSujet: 15 février 1945   Dim 15 Fév 2015 - 16:39


[Jeudi 15 février 1945]

À 05h30, nous quittons LIPSHEIM.
Quand reviendrons-nous en ALSACE? Notre convoi passe par STRASBOURG, DABO, LUTZELBOURG, PHALSBOURG, FENETRANGE. À GROSTENQUIN, nous quittons la RN 74 pour échouer dans un village à équidistance de METZ et de CHÂTEAU-SALINS: TRAGNY.
Une partie des habitants ne sont pas encore revenus chez eux.
PAGNY-SUR-MOSELLE, mon pays natal, est à 25 km à vol d'oiseau et le Chef de peloton voudrait me faire promettre de ne pas recommencer mon expédition du 1er octobre (il ignorait alors que c'était déjà une 2ème édition).
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