La 2ème Division Blindée de Leclerc
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La 2ème Division Blindée de Leclerc

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 Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015

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Jean PFLIEGER
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MessageSujet: 2 ou 3 octobre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyJeu 2 Oct 2014 - 15:49


Lundi 2 ou mardi 3 octobre 1944

Une camionnette de la base arrière de la 2ème DB fait la liaison avec le QG installé à GERBÉVILLER prés de LUNÉVILLE. Le soir je me présente au Commandant de BOISSONDY qui est chef du 1er Bureau; retrouvailles sympathiques depuis RABAT! Le 4ème Escadron vient de s'installer à MOYEN où il prend du repos. Une Jeep m'y conduit. Ils étaient arrivés la veille et trouvaient que MOYEN valait CAPOUE. Pour bien commencer son repos, le Lieutenant BAILLOU, Commandant l'Escadron, s'était fait installer un magnifique tub plein d'eau chaude (découvert on ne sait où); pendant qu'il se déshabillait les 3 aspirants DUFOUR, CATALA et PICQUET, commandés par VAUTRIN (honorable Sous-Lieutenant Polytechnicien) avaient mis deux canards, trouvés dans la rue, dans l'eau fumante du tub! Ce n'était plus la même ambiance qu'avec HARGOUS: surtout que BAILLOU était le premier à rire et à raconter cette farce. On fit grand accueil au héros malchanceux que j'étais. On me raconta en détail et avec fierté la bataille de DOMPAIRE qui ne datait que de 15 jours. Mon peloton commandé par VAUTRIN y perdit le MdL KATZ de WARENS son tireur et son chargeur. La tourelle de leur char l'AUNIS avait été ravagée par un perforant.

Mon équipage me conduisit à mon cantonnement avec un lit lorrain abondamment pourvu de couettes; tous mes bagages étaient-là, bien sauvegardés; car en Angleterre, aidé par l'échelon, j'avais fabriqué avec mon équipage un grand coffre qui était boulonné sur la plaque arrière du char et qui pouvait contenir toutes nos affaires personnelles. C'est les garde-boue du char qui avaient servi de matière première: ils ne pouvaient servir à rien d'autre. Le bon KAISER manifestait sa joie avec REYDEL, NOUGARET et BUGEÏA; il était navré de sa panne de RAMBOUILLET: effectivement, le bouchon de vidange s'était dévissé, le moteur s'était vidé en 2 minutes et avait cassé avant qu'on n'ait eu le temps de s'apercevoir de la chute de la pression d'huile, avec la nuit et la pluie!


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MessageSujet: 3 ou 4 octobre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyVen 3 Oct 2014 - 15:44


Mardi 3 mercredi 4 octobre 1944

Le lendemain, BAILLOU me conduisit au PC du Régiment. Le "Père MINJONNET" qui faisait peu de phrases me dit:
— «Allez vous reposer chez vous, on vous garde votre peloton: soyez tranquille, la guerre n'est pas finie.» Il fut un peu réticent quand il sut que le TREMBLOIS était à 10 km à l'Est de NANCY, mais un peu rassuré quand il apprit que mon frère était chef de Maquis. Il me demanda cependant d'être prudent et de me tenir au courant des aléas des combats: avec les Américains, il faut se méfier. En quittant le PC nous tombâmes sur GRIBIUS qui venait en visite. Il résuma son opinion:
— «MISCAULT! Vous êtes comme un vitrail!»

L'Adjudant Chef JANDET, de l'Escadron, me conduisit au TREMBLOIS en passant par SAINT NICOLAS et NANCY. Retour émouvant. Papa et maman sont ravis: ils espéraient me voir, bien sûr, mais sont heureusement surpris par la rapidité de ma sortie de l'hôpital. Cette convalescence va être bien sympathique dans cette chère maison que je retrouve avec joie. L'occupation allemande n'a pas fait trop de dégâts: un détachement précurseur allemand était venu à la fin d'août pour réquisitionner la maison afin d'en faire une infirmerie. Maman prévint les "gens de VELAINE" et le soir même ils vinrent avec des chariots et des hommes. Tous les meubles furent dispersés et cachés dans des granges de VELAINE. Quand les Allemands arrivèrent, ils trouvèrent la maison un peu vide! Papa et maman s'étaient installés dans la petite maison du bord de la route (dite maison de la Mère Voignier) où ils attendirent patiemment le départ des Allemands. Heureusement, LE TREMBLOIS était protégé par une grande Croix rouge, les infirmiers, terrorisés par les Maquis, filaient doux.

Henri courait les bois et Marie s'était régugié à l'Arboretum de CHAMPENOUX, un peu protégé par la terreur inspirée par les forêts.

Maman et papa retrouvaient aussi, depuis quelques jours seulement, l'usage de leur TREMBLOIS. Ils avaient dû travailler ferme car tout était en ordre après l'occupation allemande de ces derniers jours. Tous les meubles étaient à leur place habituelle, il fallait seulement ne pas s'étonner si on trouvait un peu de paille ou de foin dans le fond d'un tiroir ou sous le coussin d'un fauteuil (témoins de leur dissimulation dans les granges de VELAINE).

Je me souviens de quinze jours superbes et reposants. L'automne, et tous ses ors, convient bien à la Lorraine avec ses forêts aux essences très variées.

Henri nous racontait les actions de son maquis. La destruction d'un train allemand à LA BOUZULE avec l'explosion d'une dizaine de wagons de munitions; le harcèlement d'un convoi sur la RN74 avec destruction de plusieurs camions.

Mais les morceaux de bravoure étaient la prise d'ERBÉVILLER-SUR-AMEZULE avec récupération d'un camion allemand et la capture de plusieurs prisonniers, mais aussi l'échec de l'attaque de SORNÉVILLE avec les pertes qui en résultèrent pour le maquis de RANZEY; et la poursuite éprouvante que celui-ci dût subir dans la forêt de CHAMPENOUX.

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Photo: Dominique de MISCAULT




Dernière édition par Jean PFLIEGER le Lun 20 Oct 2014 - 20:51, édité 1 fois
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MessageSujet: 18 octobre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptySam 18 Oct 2014 - 14:31


[Mercredi 18 octobre 1944]

Le 18 octobre, Henri de BOISOUDY vint faire une visite de retrouvailles au TREMBLOIS. Et comme ma permission de convalescence se terminait le 19, je lui demandai s'il pouvait me ramener à MOYEN. Çà avait été une bonne permission.


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MessageSujet: 19 octpbre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyDim 19 Oct 2014 - 7:06


[Jeudi 19 octobre 1944]

Le soir au dîner, BAILLOU me proposa de reprendre le commandement de mon peloton ce que j'acceptai d'autant plus volontiers que j'y comptais bien! Mais cela fit bien des mouvements car VAUTRIN prit le commandement de l'ancien peloton ZAGRODSKI et que le pauvre CATALA fut mis sur la touche et passa quelques jours au P.C. du Régiment comme officier de liaison. Outre moi, les chefs de peloton étaient l'Aspirant DUFOUR et le Sous-Lieutenant VAUTRIN. VAUTRIN et CHEYSSON (qui fut ensuite Ambassadeur et Ministre des Affaires Étrangères) nous avaient rejoints en Angleterre.

MOYEN était un peu en retrait du front, environ 5 km. C'était un village assez calme. Mais on entendait, la nuit, que les villages du front étaient bombardés et je n'aimais pas du tout ces bruits nocturnes. À propos de ces bombardements, les plus bruyants étaient les Nebelwerfer. Cette arme devait son nom au fait que son premier usage avait été de lancer des fumigènes, mais à ce moment ils tiraient de gros explosifs. Le Régiement en avait reçu pas mal à son arrivée dans le secteur. CHEYSSON décrivait les tirs de façon humoristique: — «Tu es en observation en char; tu es pris d'une envie… tu sautes en bas de ton char et tu commences à te soulager; à peine commencé tu entends un boum comme si on frappait une barrique vide; suivi d'un ronflement, comme le passage d'un train. Tu te dis tiens un Nebelwerfer; ne t'inquiète pas, achève, referme tranquillement ta braguette; remonte doucement en char; tu boucles alors ton tourelleau; le bruit augmente et encore quelques secondes… un barouf épouvantable, mais on ne risque rien.»

[NDLR: Cette vidéo permet de se faire une idée de cette arme:]



À MOYEN, les journées étaient calmes, on vérifiait le matériel, on faisait un peu de tir aux armes légères. À proximité du village, le long de la MORTAGNE, une voie de chemin de fer en courbe faisait un joli amphitéâtre avec son talus de 3 à 4 mètres de haut; BAILLOU avait trouvé que cela faisait un champ de tir idéal.

[Exercice de tir: le Lieutenant BAILLOU au bazooka:]

Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 Moyen_10
© Michel de MISCAULT

J'en profitai pour essayer un pistolet Herstal de 9 mm que j'avais pris sur un Feldwebel fugitif en Normandie, il avait la particularité d'avoir un chargeur de 13 coups et se révéla excellent, plus précis et plus léger que nos "Colt" de calibre 11,43 qui en outre avaient un recul terrible. L'autre pistolet était un Mauser long dans un étui en bois qui formait une crosse démontable, l'ensemble tout à fait amusant mais sans doute le canon était-il usé car il n'avait aucune précision. Le Herstal était tout à fait remarquable, on touchait une boite de conserve à 30m à tous les coups. J'étais bon tireur au pistolet, mais ROUILLON était bien meilleur que moi: ce détail eut de l'importance peu de jours plus tard.




Dernière édition par Jean PFLIEGER le Sam 25 Oct 2014 - 8:04, édité 4 fois
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MessageSujet: vers le 25 octobre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptySam 25 Oct 2014 - 8:02


[vers le 25 octobre]

Nous ne restâmes pas longtemps à MOYEN. Nous allâmes vers le 25 octobre nous installer à la ferme de MERVAVILLE. Le P.C. de l'Escadron et l' Échelon étaient dans les bâtiments de la ferme (clairière au milieu des bois) les pelotons avaient pris position en lisière de ce bois.


BUGEÏA & NOUGARET devant le BORDELAIS II
camouflé près de la ferme de MERVAVILLE:


Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 Demisc10
© Michel de MISCAULT

L'artillerie allemande et les Nebelwerfer étaient assez actifs dans ce moment. Comme le déplacement de 2 escadrons de chars risquait de manquer de discrétion et de provoquer une réaction, nous prîmes les plus grandes précautions. La relève commença vers 20 heures. Le déplacement des chars se fit par un chemin de terre entièrement défilé aux vues de l'ennemi, avec interdiction d'allumer les phares. J'étais chargé de conduire l'Escadron. Bien que nous ayons fait une reconnaissance de ce chemin de terre, je constatai au bout de 500m que nous n'étions plus sur le chemin mais au milieu des chaumes. Il faut dire que la nuit était sombre avec de gros nuages qui cachaient les étoiles. À pied je réussis à retrouver le chemin assez vite et décidai de conduire l'Escadron à pied. Je tenais derrière mon dos une lampe torche emballée dans un mouchoir et mon char suivait, suivi lui même par les 16 chars de l'Escadron, chacun ne perdant pas de vue les yeux de chats du précédent (toute petite lumière qu'on n'apercevait plus à 100m). Vers 22 heures nous finîmes par arriver et les gens que nous relevions trouvèrent le temps long.

La vie à MERVAVILLE fut calme pour nous sans artillerie allemande. Il y eut un seul incident. Dans mes consignes de secteur, transmises par mon prédécesseur, il était dit que nous devions tous les jours envoyer une petite patrouille à pied prendre liaison avec un poste américain qui était chargé de repérer les batteries d'artillerie allemandes. Un beau matin la patrouille revient en disant: — «Mon Lieutenant, les Amerloks se sont fait kidnapper!» Je vais, avec le chef de patrouille, rendre compte à BAILLOU. Les 3 américains avaient disparu. Il restait leur Jeep, un groupe électrogène et du matériel d'écoute. BAILLOU envoya l'Échelon ramener tout ce qui traînait à MERVAVILLE. On mit tout dans la Jeep qu'on envoya au P.C. du Régiment. Nous gardâmes le groupe électrogène qui éclaira la popote pendant le reste de la guerre, car on n'avait pas toujours du courant électrique. Le Commandant MINJONNET piqua une belle colère: — «Je ne veux pas que mes équipages de char fassent des patrouilles à pied, on a déjà bien assez de pertes comme cela.» Il est vrai que ces consignes de secteur sont des usages dangereux où on est amené à faire des choses inconnues des responsables et ces consignes peuvent être facilement périmées.

Photo:
Le ferme de MERVAVILLE et sa boue


Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 Demisc11
(Collection Michel de MISCAULT)





Dernière édition par Jean PFLIEGER le Mer 29 Oct 2014 - 10:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Vers le 29 octobre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyMer 29 Oct 2014 - 10:46


[vers le 29 octobre 1944]

Il ne faut pas croire que cette guerre en dentelles devait durer, ni que c'était le début d'improbables quartiers d'hiver. Le Général LECLERC avait des fourmis dans les jambes: il décida de prendre BACCARAT.

Deux jours avant, le Commandant MINJONNET , BAILLOU et le docteur NETTIK (on ne sait pourquoi ce dernier!) firent une reconnaissance pour voir comment on allait faire du bruit: une diversion. Imprudemment, ils s'engagèrent dans un champs de mines. Le Docteur et BAILLOU furent blessés. La blessure du Docteur fut bénéfique pour les hôpitaux français. Car dans ses longues journées d'hôpitaux il réfléchit à un procédé de récupération de la pénicilline dans l'urine des blessés américains, afin d'approvisionner les hôpitaux français qui n'avaient pas encore droit à ce remède miracle.

Quant à BAILLOU il nous fut enlevé pendant prés d'un mois. L'intérim fut assuré par le Capitaine d'ALANÇON.


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MessageSujet: 31 octobre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyVen 31 Oct 2014 - 9:02


[Mardi 31 octobre 1944]

Le 31 octobre BACCARAT fut pris par ROUVILLOIS. L'Escadron devait, depuis les hauteurs qui dominent AZERAILLES, faire diversion par une canonnade. Mais la brume du matin nous empêcha de régler le moindre tir et d'ALANÇON fit rapidement cesser le feu. C'était la prudence. D'ailleurs BACCARAT fut pris en fin de matinée.


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MessageSujet: 1er novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptySam 1 Nov 2014 - 14:30


[Mercredi 1er novembre 1944]

Le lendemain 1er novembre, nous gagnons PETONVILLE par AZERAILLES. Au nord de PETTONVILLE, d'ALANÇON réunit DUFOUR, VAUTRIN et moi devant HERBÉVILLER à 3 km devant nous. Nous devons prendre HERBÉVILLER: — «MISCAULT, vous y allez, droit devant nous, avec la section de la Compagnie LANGLOIS (8/III RMT). DUFOUR, à gauche de MISCAULT, vous faites un crochet pour attaquer le village parallèlement à la N.4. VAUTRIN, vous suivez MISCAULT en réserve.» Il nous donne une carte au 1/50.000°, magnifique: devant nous, d'après la carte, il y a des prairies et des cultures jusqu'au village. Nous partons en bataille (5 chars déployés en 1 rang). Le Lieutenant commandant la section souhaite être sur mon char derrière ma tourelle. Nous partons. Arrivés sur la crête qui est devant nous, énorme surprise: au lieu du terrain découvert prévu, on ne voit que des arbres. Je réfléchis rapidement: tout plutôt que de se mettre en colonne sur la route que nous longeons, elle est peut-être minée et l'arrivée sur le village, en colonne, diminue beaucoup les chances de succès. Je pense que ces arbres sont des plantations de moins de 30 ans car nos cartes datent de 30 ans. Avant de laisser mes chefs de char paniquer, je commande par radio: — «En avant, en première: dès la lisière, prenez les arbres par le blindage, évitez les barbotins (grosses poulies qui entraînent le char par les chenilles). On va passer en les écrasant.» Eh bien, ça passe assez bien même: les sapins se déracinent et les bouleaux cassent. Voici la lisière, mais ce n'est pas encore la bonne, il y a une autre langue de bois devant. Je débouche le premier et, en me retournant, je vois mes chars qui débouchent à gauche et à droite, le spectacle est impressionnant. On voit d'abord les sapins qui basculent sans raison apparente et le char apparaît derrière! Le chef de section est accroupi derrière la tourelle, je lui demande si ça va. Il a l'air ravi. Comme moi il pense sans doute à la terreur des braves Boches qui doivent commencer à nous attendre, sur la route sûrement. Il n'y a pas que les chars qui débouchent, voici un chevreuil affolé. Sans nous arrêter, nous le tirons à la mitrailleuse, il ne faut que 2 secondes pour l'avoir: "bons tireurs!" Puis je demande à tout le monde de bien s'aligner sur moi, il faut que nous arrivions tous ensemble: c'est à la 3ème plantation que nous débouchons: le village est à 300 mètres, nous stoppons et nous tirons sur tout ce qui bouge. À la mitrailleuse d'abord, les Allemands ne nous attendaient pas là: ils changent de position de tir, mais ils ne peuvent guère en choisir d'autres car nos mitrailleuses les couchent à terre. À l'entrée du village au bord de la route, il y a un gros sapin. Je vois un équipe de mitrailleuses avec une MG42 qui se met en batterie à son pied: «BUGEÏA, tu as vu la mitrailleuse au pied du sapien. — Oui mon Lieutenant. NOUGARET un explosif. "Feu!"» Le beau spectacle que voilà: le sapin monte en l'air tout droit à 4 ou 5 mètres, puis retombe sur le côté. Il me semble qu'en face l'épouvante est à son comble. Je regarde le Lieutenant, sa section est d'ailleurs déjà prête: — «Il me semble que c'est le bon moment. Je vous fais accompagner par mon groupe de gauche. — Oui, je crois qu'ils sont mûrs.» Je donne l'ordre à QUEFFELEC de protéger la section dans le village.

Là, pour moi, changement d'ambiance, le combat de rue pour les chars ça peut être un nid de guêpes. À ce moment ROUILLON s'approche de mon char; il me crie: — «Tu permets que j'accompagne les chars dans le village? — Oui, bien sûr. Mais sois prudent.» Je ne sais pas où est DUFOUR, son chemin était plus long, mais il ne devrait pas tarder. Je rends compte du premier temps de la manœuvre; pendant ce temps, j'entends le pont sur le ruisseau LA BLETTE sauter et j'en rends compte aussi avec regret; enfin, de n'était pas l'objectif de s'assurer ce pont, de toute façon on ne pouvait pas aller plus vite. Il y a d'ailleurs un autre pont sur LA BLETTE. C'est en dehors du village, à 300 m de l'endroit où je me trouve, j'y envoie YVARS.

Puis, comme tout à l'air tranquille, je vais voir aussi comment ça se présente. Je laisse le BORDELAIS II à l'entrée du village. Les prisonniers commencent à arriver. Je pars à pied vers le "PÉRIGORD". Ce pont est pour la voie ferrée d'un chemin de fer à voie étroite qui allait à BLAMONT. En revenant vers mon char dans une prairie de 200 x 300 m, j'entends des départs d'artillerie; le bruit des obus se renforce rapidement, je me jette à plat ventre. J'ai bien fait: les 4 premiers coups tombent autour de moi. Le pré a été labouré autrefois, comme souvent en Lorraine, en formant des ados de 5 à 6 m de large bordés de chaque côté par des rigoles, je me roule jusqu'à la rigole la plus proche, là, je me juge aussi à l'abri que possible; voilà la rafale suivante. Il n'y a plus qu'à attendre la fin du tir. Ils nous ont envoyé une cinquantaine de coups, je rigole intérieurement, car en dehors de moi qui suis en plein milieu des arrivées, les plus proches sont les prisonniers rassemblés à environ 150 m!

Pour le groupe de QUEFFELEC qui progresse sur la grande route vers le pont, j'entends du renfort qui arrive: c'est DUFOUR avec une autre section d'infanterie.

Le tir a l'air terminé, je me lève: la première chose que je vois, c'est l'Half-track du P.C. avec d'ALANÇON. Je vais vers lui. Il s'était arrêté à la lisière du bois attendant la fin du tir d'artillerie. Je lui rends compte de ce que je viens de voir. Le "PÉRIGORD" contrôle bien le pont; de l'autre côté de LA BLETTE, le terrain n'est pas favorable, en particulier de l'autre côté de LA VEZOUZE il y a une crête qui voit tout, à 2,5 km, mais qu'est-ce que c'est pour un 88.

Je reviens vers mon char et trouve QUEFFELEC et ROUILLON. Le nettoyage du village s'est bien passé: — «Grâce au Lieutenant ROUILLON», me dit-il, car au bout de 2 ou 3 maisons, les fantassins étaient un peu attardés dans les baraques et j'ai bien failli recevoir un Panzerfaust, mais le Lieutenant ROUILLON marchait derrière mon char, et quand le boche est sorti à la fenêtre pour tirer, le Lieutenant a tiré plus vite que lui et ne l'a pas raté. — «Merci mon ancien» lui dis-je.
Le troupeau des prisonniers a bien augmenté, ils sont plus d'une centaine.

Nous entendons alors plusieurs coups de canon, très sec, et pas d'arrivée; est-ce qu'on va encore être obligé de se mettre à plat ventre? Quelques secondes après on entend VAUTRIN à la radio: les trois chars qui ont passé LA BLETTE sont démolis par des canons antichar postés sur la crête derrière LA VEZOUZE. — C'est vraiment trop bête. Heureusement il n'y a pas de perte en homme.

Après cela d'ALANÇON décide de rester tranquille dans HERBÉVILLER. La nuit va tomber, il réunit les chefs de peloton; on attribue les cantonnements: il me donne la partie ouest du village. Je choisis une maison modeste deux chambres et une cuisine. Je prends la chambre sur la rue. KAISER place le char devant la fenêtre pour me protéger de l'artillerie. Les fenêtres des deux pièces que l'équipage occupe sur le jardin sont obstruées par des armoires à linge: ça coupe la lumière, mais c'est plus prudent. Nous cassons la croûte ensemble.




Dernière édition par Jean PFLIEGER le Dim 2 Nov 2014 - 8:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptySam 1 Nov 2014 - 14:40


Note sur le Sherman GASCOGNE:

On trouve une photo du GASCOGNE détruit sur le site "
Histoire Lorraine".

Les photos qui suivent montrent le FRANCHE-COMTÉ qui a sauté sur une mine prés d'Ogéviller et dont nous avons déjà parlé
sur le forum


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MessageSujet: 2 novembre1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyDim 2 Nov 2014 - 8:10


[Jeudi 2 novembre 1944]

Le lendemain, le Capitaine LANGLOIS nous invite à sa popote. Car l'Escadron n'est pas destiné à rester en entier à HERBÉVILLER. Je me rends à la popote avec DUFOUR, derrière nous nos sous-officiers. On y accède par un petit escalier de 5 marches en pierre et tout de suite à droite il y a un gros tas de fumier, car c'est la maison d'une belle exploitation. Je m'arrête pour regarder les environs: comme tout le monde parle je ne prends pas garde à un petit chuintement bien caractéristique suivi d'un floc et je vois dans le tas de fuminer la queue en étoile d'un joli obus de mortier de 120 qui n'était pas là tout à l'heure. Derrière j'entends la voie délicieusement bourguignonne du MdL Chef SAVIGNON. — «Nous autres, mon Lieutenant, nous sommes protégés par le diable.» C'est un solide buveur ce bon SAVIGNON, ce qu'il appelle le diable, c'est Bacchus. C'est vrai que nous étions tous deux ensemble à JOUY-EN-JOSAS où son char a également été détruit. À l'entrée dans la popote, tout le monde nous félicite. En tant que Lorrain, je vante l'utilité de ces bons tas de fumier. Le lendemain, on fit désobuser ce projectile.

Boucher les fenêtres, c'est prudent, mais on ne voit pas grand chose dans cette obscurité. Il y a un garage en face de chez nous. Je vais y faire un tour. Il y a des ampoules de 6 et 12 volts, mais nos chars sont en 24V. Je m'aperçois qu'une ampoule de phare et code de 12V placée dans une douille 220V normale, à baïonnette, a ses deux filaments alimlentés en série et un phare-code de 12V 50W devient ainsi une lampe à deux filaments de 24V x 100W. Je tire des fils avec NOUGARET et voilà nos deux logements éclairés et nous garderons ce dispositif jusqu'à la fin de la campagne. Contre toute attente l'artillerie allemande reste sage; il est vrai qu'ils économisent les munitions et les 50 coups qu'ils ont tirés sur moi en pure perte ont fait un trou dans leur stock.

Nous sommes très bien. Sans doute à cause d'un pont écroulé, la VEZOUZE forme un grand lac qui recouvre la moitié du jardin, ce lac a 500 mètres de large.

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MessageSujet: 3 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyLun 3 Nov 2014 - 8:37


N'OUBLIEZ-PAS DE SUIVRE LE PARCOURS SUR LA CARTE !

[Vendredi 3 novembre 1944]

Le 3 novembre l'Escadron est retiré et se porte à l'ouest à FRÉMÉNIL. Je reste avec la Compagnie LANGLOIS. La grande activité des fantassins du Tchad est de se saisir d'un cochon et de le mettre à mort. Cette cérémonie se passe en pleine rue sans se préoccuper des vues de l'ennemi. Voyant cela cet après-midi avec le Capitaine LANGLOIS, je lui fais remarquer cette manifestation peu prudente: — «C'est vrai qu'ils sont un peu inconscients, mais c'est pour cela qu'ils sont braves.» Je fais néanmoins chercher un char pour surveiller l'horizon dangereux. On entend arriver un avion, c'est un Piper cub de notre artillerie. Il va surveiller imprudemment, lui aussi, les crêtes au-dessus de la VEZOUZE. Le cochon, lui, a fini de crier, le seau est plein de sang, l'agitation de la rue se calme. Mais du côté du Piper cub ça se gâte. On voit une traînée de points lumineux verts qui montent de la côte vers lui. Le chef de char a vu; je lui confirme l'ordre de tirer 4 ou 5 obus. Et ma foi pour un tir à 2500m il se débrouille bien: le tir s'arrête, le Piper se dérobe en faisant des cabrioles et une minute après arrive un brancard précédé d'une croix rouge. Le tireur ne fait pas de détail avant qu'on ait pu crier halte au feu, il tire un nouveau coup qui semble arriver entre les deux porteurs de brancard qui s'applatissent. Je l'engueule quand même; mais les infirmiers ont dû avoir plus de peur que de mal, ils se relèvent. Le Piper reprend son observation et personne ne tire. Les spectateurs nombreux sont ravis de l'efficacité du tir.

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MessageSujet: Re: Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyMar 4 Nov 2014 - 14:24


À la même époque, nous eûmes la visite du Général LECLERC. Le Capitaine LANGLOIS me demande de l'accompagner, pour accueillir le Général: — «Vous êtes mon commandant de l'Arme Blindée.» Le Général arrive accompagné par le Colonel de LANGLADE. Celui-ci se sent responsable de la vie de LECLERC dans son secteur et son imprudence probable le terrorise. Il nous demande de parler bas, il voudrait qu'on ne marche pas au milieu de la route. Tout cela amuse le patron qui demande: — «LANGLOIS, on peut monter dans le clocher? — Oui, mon Général, j'y mets un guetteur.» Le Colonel de LANGLADE: — «Ne vous montrez pas aux fenêtres!» On fait un tour d'horizon; je montre les endroits où les chars de VAUTRIN ont été démolis, je m'excuse de n'avoir pu empêcher le petit pont sur la N4 de sauter. Je m'entends répondre: — «Votre pont, mon vieux, je m'en fous; je ne passe pas par là. Pourquoi croyez-vous qu'on a pris BACCARAT?» Donc le Général vivait déjà au présent l'attaque de STRASBOURG. À ce moment il s'adresse à LANGLADE qui se redresse respectueusement pour répondre et ce faisant, donne un grand coup de casque sur la grosse cloche qui résonne. On commence à rire. Puis un fou rire général éclate car l'horloge qui marche toujours se met à sonner 3 heures.

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MessageSujet: 6 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyJeu 6 Nov 2014 - 17:01


Deux jours après un déserteur allemand se présente sur le pont (sauté mais franchissable à pied), il est interrogé: il quitte son unité à cause d'une histoire disciplinaire. Il donne sans vergogne des renseignements détaillés sur la garnison allemande. Ses renseignements décident le commandant du Corps d'Armée U.S. à effectuer un tir "Sérénade" sur DOMÈVRE: pendant 1 minute toutes les pièces à portée de tir, soit plus de cent, de 105mm à 155mm, tirent à cadence maximum, cela fait environ 1000 obus! Nous entendîmes un gros "Broum". Le déserteur avait souligné avec une joie sadique le cantonnement des sous-officiers: — «Vous pouvez y aller, c'est tous des salauds.»

Voilà les évènements principaux de mon séjour à HERBÉVILLER. On peut y ajouter celui-ci. En mars 1963, en garnison à LUNÉVILLE depuis quelques semaines, nous sommes allés en famille voir le terrain de cette attaque. Nous sommes passés par AZERAILLES et PETONVILLE où je me suis arrêté pour raconter les ordres que nous avions reçus du Capitaine d'ALANÇON qui avec ses gros doigts qui masquaient toute la carte voulait suggérer les efforts à faire. Puis nous prîmes la petite route d'HERBÉVILLER qui marquait la limite est de mon peloton. Nous mîmes pied à terre en haut de la montée et traversâmes à pied les plantations de sapins et de bouleaux, toujours là. Je cherchais les marques de passage des chars; on devinait des cheminements en sinusoïdes et par endroit des vestiges d'arbres déracinés. Je les montrais à Godefroy et Bernard mais ils avaient des sourires incrédules. Tout à coup Bernard s'écria: — «Ce doit tout de même être vrai que vous êtes passé par là, regardez.» Et il me montra un élément de six patins de chenille de Sherman. Ces petits morceaux (qui pèsent une trentaine de kilo) étaient destinés à réparer les chenilles en cas de rupture!

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MessageSujet: 7 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyVen 7 Nov 2014 - 19:22


[Mardi 7 novembre 1944]

Le 7 novembre, je suis relevé à HERBÉVILLER et je rejoins l'Escadron à FRÉMÉNIL; d'ALANÇON me donne pour cantonnement la partie ouest du village,

Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 Frymyn10
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je me retrouve donc dans la même position qu'à HERBÉVILLER et la VEZOUZE est toujours débordée au ras de la maison. Mais de l'autre côté il y a un village, DONJEVIN, qui est tenu par les Américains; sans doute ils font plus de volume que nous, car ils étaient beaucoup plus bombardés que nous. Chez nous il tombait une ou deux fois par jour quelques obus, surtout sur la place de l'église. On essayait d'y passer avec prudence.

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MessageSujet: 8 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptySam 8 Nov 2014 - 8:07


[Mercredi 8 novembre 1944]

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Le lendemain, au moment de partir pour la popote, vers 11h30, j'entends trois ou quatre explosions sur la place de l'église. J'attends quelques minutes avant de sortir. Et j'arrive devant la popote au moment où une ambulance en part. Le Capitaine d'ALANÇON m'annonce que VAUTRIN a été sérieusement blessé pendant qu'il jouait aux échecs avec lui. Il est mort le soir. C'était le quatrième chef de peloton tué à la tête de ce peloton après les deux frères ZAGRODSKI. Ce Sous-Lieutenant VAUTRIN était un homme délicieux, gai, bon camarade et bien entendu d'une grande intelligence. En embarquant dans l'ambulance il avait dit à CATALA: — «Vous allez l'avoir votre peloton.» Ce même bombardement avait tué le Brigadier Chef CHOUICHA qui était le chef du petit groupe de manutentionnaires: — des chasseurs d'Afrique Algériens.

Nous étions consternés par cette mort stupide. On rappela la consigne de prudence et en particulier le danger des fenêtres.

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MessageSujet: Re: Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyDim 9 Nov 2014 - 9:50


Peu de jours après, je me promenais avec PICQUET sur les bords de la VEZOUZE (débordée toujours), nous vîmes arriver, conduits par CATALA et DUFOUR, trois chefs de peloton du 1er Escadron (du HAŸS puis PARCEVAUX) TRUCHIS, FALGUIÈRE et LA PONTAIS. Nous passâmes un bon moment ensemble. Ils venaient nous apporter leur sympathie et il est vrai que nous encaissions péniblement la mort de ce 4ème chef de peloton de notre Escadron; pour 3 pelotons cela faisait trop. En trois mois, j'avais perdu mes deux meilleurs amis, les Sous-Lieutenants d'ARCANGUES et de MASCLARY.

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MessageSujet: Re: Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyMer 19 Nov 2014 - 22:01


Mais en dehors de quelques tirs, la vie était reposante.

C'est à ce moment que je fis les photos de tous mes équipages.

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Un après-midi, je parlais dans la rue avec QUEFFELEC, le soir commençait à tomber. Nous entendîmes un bruit d'avions à basse altitude quant ils nous apparurent: la surprise fut grande de reconnaître 2 chasseurs Focke-Wulf à croix noire. Et encore plus de voir les 2 canons de 20 cracher leurs petits obus explosifs qui éclatèrent au sol autour de nous. Mais là nous eûmes plus de chance, personne ne fut touché. Ils étaient tellement bas que nous les vîmes que 5 ou 6 secondes. Je dis à QUEFFELEC de prévoir une veille à la DCA sur un char. Nous avions une mitrailleuse lourde de 12,7 mm sur chaque char. Puisque l'aviation allemande semblait se réveiller…

Le lendemain soir à la même heure même scénario. J'étais monté sur la plage arrière du sous-officier de garde. Celui-ci était prêt à tirer, mais il n'eut pas même le temps de tirer. Comme la veille nous vîmes les avions lancer leurs petits éclairs là où il n'y avait personne. Nous les entendîmes virer pour repartir à l'est et quelques secondes après on entendit le "pom pom" caractéristique d'un canon de 40 Bofors et, au communiqué du lendemain, on apprit avec joie qu'un des deux chasseurs avait été abattu. C'est les seuls avions allemands que j'avais bien vus pendant cette guerre.




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MessageSujet: 19 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyMer 19 Nov 2014 - 22:42


[Dimanche 19 novembre 1944]

Mais la grande affaire prenait corps: STRASBOURG! Les Américains étaient chargés de casser la croûte de la VorVogesenstellung (avant-fortification-des-Vosges). Mais la croûte était dure. Après deux jours de combats, la 79ème DI US ne l'avait qu'égratignée. LECLERC qui bouillait, proposa d'élargir l'attaque, il envoya un sous groupement de reconnaissance (MOREL-DEVILLE) s'infiltrer au sud de la Division américaine, puis encore deux jours après le sous groupement du Lieutenant-Colonel de LA HORIE (qui fut tué à BADONVILLER le 19 novembre) attaquer encore plus au sud le long de la montagne. BADONVILLER et CIREY furent pris.

Alors, le 19 novembre, ce fut le tour du groupement LANGLADE qui avait pour objectif le col de DABO.

MASSU était à droite, pratiquement dans la montagne; MINJONNET dans le piedmont. L'ennemi fut tout de suite en déroute, il avait cru pouvoir tenir la ligne fortifiée, et sur les routes des VOSGES nos colonnes eurent souvent à précipiter dans les ravins des véhicules hippomobiles. La principale difficulté était les routes: j'ai été surpris alors que, constituant l'arrière garde du sous groupement MINJONNET, je roulais sur l'itinéraire qui avait vu passer plus de 50 blindés de 30 tonnes, de voir des petits chemins vicinaux encore en état; cela malgré la pluie qui fut abondante pendant ces deux jours.

BAILLOU était rentré la veille, un peu "évadé" de l'hôpital et sans prendre de permission de convalescence (il la prit plus tard).

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MessageSujet: Re: Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyJeu 20 Nov 2014 - 15:21


Dans notre avance vers STRASBOURG nous rencontrâmes les premières belles forêts vosgiennes à la sortie de CIREY où l'Escadron attendit la fin de la matinée que les unités de tête dégagent.

Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 Cireye10
© Michel de MISCAULT

Nous comprenons leurs difficultés car le terrain peut être, encore une fois, qualifié de peu perméable aux blindés. Nous nous attendons à être appelés à la rescousse. Mais non! Nous repartons toujours en arrière garde.

L'itinéraire est BERTRAMBOIS, NIDERHOFF, VOYER, HARTZVILLER, TROISFONTAINES où la colonne est de nouveau arrêtée. Nous venons de faire une trentaine de kilomètres sur des petites routes qui ont juste la largeur d'un char, parsemées de nids de poule et bordées de deux fossés débordant d'eau. Dans l'après-midi, nous arrivons à TROISFONTAINES.

Mon char se trouve stationné devant l'église. Je me dis qu'une petite prière dans l'église ne ferait pas de mal. J'entre, rejoint par PICQUET. Le curé est là, devant la porte. Je lui dis quelques mots. C'est un solide curé mosellan, «Pouvez-vous nous donner la communion, Mr le Curé? — Vous êtes à jeun?» demande-t-il, d'un air surpris. — «Non, Mr le Curé, mais, par un indult spécial du Pape, les troupes alliées en opération ont le droit de recevoir l'Eucharistie "en viatique". — Eh bien comme ça c'est d'accord.» Toutes les occasions sont bonnes pour nous rappeler la fragilité de nos vies.


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MessageSujet: Re: Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyVen 21 Nov 2014 - 9:36


On reprend la route; au carrefour de REHTHAL avant HASELBOURG, je trouve le Commandant MINJONNET avec BAILLOU. La nuit va tomber; des chars allemands sont signalés derrière nous, peut-être des Panther; ils pourraient vouloir nous faire du mal; BAILLOU: — «MISCAULT avec votre Peloton, en arrière garde du sous groupement, vous tenez le carrefour jusqu'à nouvel ordre.» Ce n'est pas si facile, nous sommes là au centre d'une petite clairière, les bois sont autour de nous à 200 mètres. Il fait nuit, il y a deux routes dangereuses, mais surtout celle qui part sur notre gauche vers le nord. Je place les deux chars de mon deuxième groupe côte à côte et on pointe les canons sur la sortie du bois, ils sont chargés de perforants. Mais la nuit sera calme.

De gauche à droite:

? aide-pilote, NOUGARET, KAISER, BUGEIA, ? chef-comptable

Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 Bordel10
Photo prise par © Michel de MISCAULT


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MessageSujet: 22 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptySam 22 Nov 2014 - 8:16


[Mercredi 22 novembre 1944]

Au petit matin je me hâte de changer ce dispositif qui paraît ridicule au jour. D'ailleurs nous recevons l'ordre de rejoindre la colonne vers HAEGEN au sud de SAVERNE. Donc la 2ème DB a franchi les VOSGES. Il reste cependant à ouvrir le col de SAVERNE. Je monte donc allègrement vers le col de DABO avec mes 5 chars. Nous passons sous la chapelle dédiée au Pape St Léon puis après le col nous nous dirigeons au nord vers SAVERNE. Je poursuis ma route et tombe sur notre Escadron qui attend que le "nettoyage" de SAVERNE soit terminé. Cela ne va pas tarder mais il a fallu un certain temps tellement il y avait de prisonniers à rassembler, parmi eux le Général commandant la défense des Vosges du nord.

En fin d'après-midi nous pénétrons dans la ville où nous avons de confortables cantonnements. L'accueil est bien sûr chaleureux avec une nuance d'inquiétude et de prudence car on sait en ville que la route nationale 4 est encore coupée; les Allemands tiennent solidement PHALSBOURG. En réalité, nous, nous ne sommes pas inquiets, car tandis que QUILICHINI attaque depuis ce matin les défenses de cette place par l'ouest, BORT vient de partir avec son Escadron et la Compagnie FONDE pour les surprendre par l'est. De fait PHALSBOURG tombe avant la nuit. Nous avions avec nous un important train de ravitaillement que LECLERC avait précautionneusement placé derrière les sous groupements de tête; mais maintenant les gros porteurs de la 7ème Armée vont pouvoir nous approvisionner; et surtout les divisions d'Infanterie U.S. et l'artillerie vont nous rejoindre.


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MessageSujet: 23 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyDim 23 Nov 2014 - 13:54


[Jeudi 23 novembre 1944]

Le 23 novembre, on va à STRASBOURG. Mais désillusion après cette bonne nuit réparatrice, bien en forme, j'espérais que nous aurions droit à marcher devant. Ce fut MASSU et ROUVILLOIS qui, seul du groupement DIO, a passé les Vosges à LA PETITE-PIERRE, qui nous ouvrent la route. Le Sous groupement MINJONNET est en réserve derrière, et moi pour ne pas changer, en arrière garde. Je pars dans le milieu de la matinée pour WILLGOTTHEIM (D41) et je dois m'arrêter à CRONENBOURG pour recevoir de nouvelles instructions.

Il fait très beau ce matin, notre marche ressemble à une randonnée touristique. De temps à autre on aperçoit de loin une colonne sombre. Ce sont des prisonniers qui gagnent SAVERNE à pied, là ils seront mis en cage. Quand nous arrivons vers eux on voit les sous-officiers faire rectifier les rangs; le Feldwebel qui les commande fait faire tête gauche en nous croisant! Aucun élément français ne s'occupe d'eux pour le moment.

Maintenant on voit la flèche de la Cathédrale. Et on peut reprendre le contact radio. BAILLOU nous fait savoir que tout va bien. Il pense nous faire rejoindre dans 1 heure ou 2 la grande poste. En attendant on casse la croûte. Vers 15 heures, voici le message espéré. Rendez-vous dans 1 heure à la grande poste.

C'est assez grisant de rouler avec ses 5 chars groupés dans les rues de STRASBOURG. La ville est animée et gaie. Les tramway circulent, ils ne se sont d'ailleurs pas arrêtés. ROUVILLOIS ce matin a lancé son fameux message «Tissu est dans Iode» au milieu d'une ville intacte et animée. Cette conquête de STRASBOURG a été le triomphe de la vitesse. Les Allemands ne se sont aperçus de la prise de la ville que lorsqu'ils furent prisonniers.

Je suis enrhumé, je n'ai plus de mouchoir. Je ne sais pas pourquoi je pense qu'au dessus des bureaux de la poste il y a des logements de fonctionnaires allemands qui possédaient peut-être des mouchoirs. En effet sur une table il y a une valise, le pauvre homme n'a pas eu le temps de l'emporter. Je l'ouvre, il a 5 ou 6 mouchoirs. Bonne prise! Mais voilà une courroie de cuir qui apparaît. Je tire…, c'est un Leïca! BAILLOU arrive et me donne l'emplacement de notre campement: Caserne des Pionniers, avenue de la Forêt Noire. Nous y restons 3 ou 4 jours.

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MessageSujet: 24 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyLun 24 Nov 2014 - 20:00


[Vendredi 24 novembre 1944]

Le 24 novembre matin, DUFOUR est mis à la disposition d'un élément commandé par le Capitaine d'ALANÇON qui doit obtenir la reddition du système fortifié qui entoure la ville et qui résiste encore avec, dans le Fort Ney, le Commandant de la Place: Général VATERRODT. Pourparler! Le Général se rendra après un bombardement (pour sauver l'honneur).

Dans la Caserne des Pionniers que nous visitons méthodiquement, il y a des richesses: un magasin d'habillement avec des quantités de vêtements chauds, c'est justement le point faible de notre "paquetage"; il y a aussi un atelier de transmission où on réparait des postes de radio, appartenant à des gens de la garnison; il y a un lot d'appareils réparés. Un de ceux-ci me convient parfaitement, il nous permettra de nous tenir au courant en écoutant "Radio Suisse Romande"; il tiendra très bien dans le coffre du BORDELAIS II. Il supporta très bien les secousses du char et marchait encore en 1951 à Marburg!

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MessageSujet: 26 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyMer 26 Nov 2014 - 17:38


[Dimanche 26 novembre 1944]

Le 26 novembre, au déjeuner que nous prenons dans un restaurant de l'avenue de la Forêt Noire, BAILLOU désigne mon peloton pour participer à la prise d'armes qui doit avoir lieu sur la place Kléber pour célébrer la libération de la ville et rebaptiser cette place qui, du "temps des Allemands" s'était appelée "Platz Karl Rooss".
Vers 15 heures, je rassemble le peloton et nous partons. Pour rejoindre la place Kléber, nous parcourons les jolies petites rues de la vieille ville avec nos chars bien groupés. Sur le côté de la place s'alignent trois pelotons de Sherman: un peloton par régiment; sur les autres côtés sont rassemblées les unités des autres armes: infanterie, artillerie…

LECLERC arrive; il salue l'étendard du 12ème Régiement de Cuirassiers (dont le Sous-groupement ROUVILLOIS est entré le premier à STRASBOURG et qui était placé à ce moment sous les ordres du Colonel de LANGLADE).

C'est à cette occasion que des photographes de presse prirent une très bonne photo de LECLERC sur laquelle on voit en arrière plan l'équipage du BORDELAIS II.

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MessageSujet: 28 novembre 1944   Lt Michel de MISCAULT (3/4/12 RCA) † 11 mai 2015 - Page 2 EmptyVen 28 Nov 2014 - 10:28


[28 novembre 1944]

Le 28 novembre nous quittons STRASBOURG vers le sud, nous pensons que dans 2 ou 3 jours nous allons donner la main à nos camarades de la 1ère Armée qui viennent de prendre MULHOUSE. En réalité, le sous-groupement MOREL-DEVILLE ne peut progresser que lentement devant nous. La plaine est très mouillée actuellement. Les nombreux canaux débordent et tous les ponts sont défendus et minés. Nous nous arrêtons à KRAUTERGERSHEIM, merveilleuse halte de 2 jours.


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