La 2ème Division Blindée de Leclerc

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 Décès du Père Jean Minéry

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Richard
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MessageSujet: Décès du Père Jean Minéry   Jeu 23 Sep 2010 - 15:27

Mon ami, le père jésuite Jean Minery, ancien aumônier de la 2e division blindée du général Leclerc, 98 ans, est décédé à Lille au courant de la semaine dernière pale Il avait prononcé, entre autres, l'éloge du Général Leclerc lors de son enterrement en 1947.
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merlin
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MessageSujet: Re: Décès du Père Jean Minéry   Ven 24 Sep 2010 - 21:14

paix à son âme
merlin
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Bavard
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MessageSujet: Re: Décès du Père Jean Minéry   Lun 8 Nov 2010 - 21:41

Bonsoir les Fanas 2° DB,

Je viens tardivement m'incliner sur la mémoire du Père MINERY S.J. car je n'ai reçu qu'aujourd'hui le document que je vous joins.


Citation :
Le Père Jean MINERY

Hommages, homélies lors des services religieux :
à Lille le 27/9/ et à Strasbourg le 28/9/2010




Mais avant ces hommages, j'ai envie de vous donner ces mots écrits par lui pour, disait-il "aider ceux qui auront à écrire le pensum" ! Il était à Lille

" Il y a trois périodes dans mon existence dont les contours m'apparaissent au fil des longues périodes de silence de plus en plus nettes dans leur contour ; d'un seul bloc :
Jeunesse, formation dans la compagnie, (les Jésuites, NDLR) la guerre et les 52 ans à Strasbourg : vie active, et enfin Lille.
La guerre avec toutes ses péripéties, y compris les 2 ans d'Amérique, a fait de moi un homme ; pas au sens fréquent de caractère viril, homme parmi les hommes comme eux, vivant comme eux, partageant leur manière de vivre, "logé à la même enseigne", participant à la grande bataille de 39-45 ; partage aussi avec les femmes , leur engagement et leur condition de femmes, en particulier les Rochambelles à la Division LECLERC.
Et puis à Strasbourg : Laennec, le Centre Paul Strauss, centre anti cancéreux, la symbiose avec la ville de Strasbourg. Cette amitié étonnante avec le Maire Charles FREY devenu à partir de là un peu un homme public (le procès des "Malgré-nous" d'Oradour, à bordeaux, l'affaire (… ?) etc.
Grâce aux amitiés de la Division Leclerc (et quelles amitiés, de la France libre, répercussions sur la conférence Laennec (les voyages d'études avec les internes – 9 personnes, 6 garçons et 3 filles – en Afrique du Nord, au Moyen-Orient)
À l'origine de tout cela le Père DECIZIER en 1939 et le Père Jeannet
Après l'armistice du 8 mai 1945et mon retour en France, il m'a dit d'aller en Amérique un an pour voir comment les jésuites américains étaient impliqués dans l'éducation (secondaire et universités) ; j'ai pu partir ….(?) en août 1945 (!!) grâce à mon camarade Satelli, pas encore démobilisé mais au cabinet du Ministre de la Guerre.
À mon retour d'Amérique le Père Jeannet (encore lui !) me met à la disposition de Mgr WEBER évêque de Strasbourg pour y créer une Conférence LAENNEC s'inspirant de la conférence Laennec de Paris. Le "monde médical" à partir de cette époque est devenu mon terrain apostolique ; monde médical au sens le plus large du terme. : un humanisme, aider par tous les moyens à ma portée les hommes et les femmes de ce monde médical à être des homes et des femmes "debout", pour certains des Chrétiens debout" …
Troisième période : Lille. Pour les amis, j'ai appelé cela Tamanrasset ! pendant la guerre d'Algérie, des amis – le général Vézinet surtout, m'envoyèrent des billets d'avion pour de brefs séjours avec eux : Tamanrasset a été une cerise sur le gâteau.
Lille. Plus rien à faire ! plus personne à rencontrer, dans un monde étranger, ne connaissant, d'assez loin d'ailleurs, que l'un ou l'autre père Jésuite ; l'accueil de 3 d'entre eux ,dont le supérieur que je ne connaissais d'ailleurs pas, a été on ne peut plus fraternel.
Le silence ! à aucun moment pesant. Autre présence du Seigneur et de Notre-Dame. Alors comme Abraham face à Gomorrhe : me mettre devant Dieu, comme lui parlant au nom de l'humanité, ouvertement : l'Irak, la Chine, le Darfour, les élections en France.
Je ne trouve pas déplacé la mention auprès de mon nom dans le catalogue "Orat pro Ecclesia, orat pro Societate"
Dans la sérénité, la sérénité est un don de Dieu ; je la demande.
La sérénité et la Foi : vice versa !"
Jean MINERY


Le 27-9-2010 à Lille

Hommage du président de la 2ème DB à Lille

Cher Père Minéry
Les anciens de la 2ème DB sont dans la peine. Ils ont perdu avec vous un ami, un résistant, un combattant, un aumônier.
Mobilisé en 1940, vous participez lors de l'attaque allemande, à la défense de la ville de La Châtre où vous distinguez personnellement.
Après l'armistice et un détour par le Maroc, vous revenez dans la région lyonnaise pour recruter et former des groupes de la Résistance Intérieure Française, notamment dans le Vercors.
Vous prenez ensuite, dans le Pas de Calais et la Somme, la direction d'unités spécialisées dans la récupération des aviateurs alliés abattus dans la région, et leur évacuation vers l'Angleterre. Arrêté par la police française en 1943, vous vous évadez et reprenez vos fonctions dans la Résistance.
En août 1944, vous rejoignez la 2ème DB à Paris, où vous êtes affecté au 1er Régiment de Spahis Marocains.
Vous participez avec cette unité aux dures campagnes des Vosges et d'Alsace où votre situation de prêtre vous permet d'assurer également la charge d'aumônier du régiment.
Le Général LECLERC lui-même vous attribue le 3 janvier 1945 la citation suivante à l'ordre de la Division :
" Aumônier militaire, ayant la plus haute notion de ses devoirs, a su s'imposer en peu de temps à l'estime de tout le Régiment.
Bien qu'ayant un bras immobilisé par suite d'un accident, a tenu à participer à toutes les opérations des Vosges et d'Alsace, toujours avec les éléments de tête, prêt à porter secours aux blessés et aux mourants.
S'est particulièrement distingué le 16 novembre 1944 à NONHIGNY où, se retrouvant seul avec le médecin d'un sous-groupement, l'a aidé à secourir, soigner et évacuer de nombreux blessés dans les meilleurs conditions."
Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile d'argent.

Vous êtes aujourd'hui Officier de la Légion d'Honneur et Commandeur de l'Ordre National du Mérite National.
En effet, votre rôle d'aumônier, vous le poursuivez longtemps après la guerre, et nombreux sont vos camarades qui ont eu la chance de recevoir vos conseils, fruits d'une réflexion chrétienne profonde empreinte d'une très haute spiritualité. Soyez-en tout particulièrement remercié aujourd'hui.
Capitaine aumônier Jean MINERY, les anciens de la 2ème DB vous saluent avec un infini respect.




Obsèques du Père Minéry Homélie du Père J.C BADENHAUSER
Lille – 27 septembre 2010

C'est le Père Jean Minery qui a choisi, pour ses obsèques, ces trois lectures que nous venons d'entendre. Ultime message qu'il nous laisse par-delà sa mort et qui nous dit, je crois, l'essentiel de ce qu'il a vécu parmi nous.

Mais pourquoi, me direz-vous, avoir retenu la parabole du Jugement dernier où "le Fils de l'Homme, tel le berger, sépare les brebis des chèvres" ? Aurait-il eu peur de cette grande rencontre avec son créateur et Seigneur ? Certainement pas. Il n'était pas homme à avoir peur et il nous le dit clairement à travers les paroles de Job : "Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu'à la fin, il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas."

S'il a retenu ce texte d'Évangile, c'est – je crois pouvoir le dire – à cause de cette parole de Jésus : "Chaque fois que vous avez donné à manger à celui qui avait faim... que vous avez accueilli l'étranger... chaque fois que vous avez visité un malade, c'est à moi que vous l'avez fait." Jean Minery était un homme d'action. Son attachement au Christ passait par ce qu'il entreprenait et réalisait pour le service des autres.

La ville de Strasbourg en aura été le lieu principal. Strasbourg, capitale de son pays natal, l'Alsace... Strasbourg et sa cathédrale où il a été ordonné prêtre en 1940 ; cette ville que la 2ème Division Blindée, commandée par le Général Leclerc et dont il fut l'aumônier, a libéré quatre ans plus tard... Strasbourg, la ville où il aura passé toute sa vie apostolique de jésuite.

Que de choses il faudrait évoquer : la création de la Conférence Laennec des étudiants en Médecine avec les conférences d'internat, les soirées débat sur des questions d'éthique médicale; les voyages en Afrique pour ouvrir les futurs médecins à d'autres cultures ; la prédication régulière à la cathédrale, à la messe de 11 heures ou au temps du Carême... Chroniqueur de cinéma mais aussi animateur de groupes bibliques... Il y avait les soirées de réflexion avec des médecins ou des infirmières, mais aussi les rencontres amicales et informelles au Mas d'Escragnolles, dans le midi, au Chalet du Kreutzweg dans les Vosges... Sans parler des personnes qu'il accompagnait personnellement, chaque soir, pour les aider, comme il l'écrivait, il y a quelques années, à ses amis : "Mon objectif a toujours été de vous aider – c'est un peu prétentieux – à devenir et ensuite à vivre en homme et femmes debout, animés par le besoin de sortir de soi et de partager les dons reçus..."

Mais un jour, il m'a confié, que parmi toutes ces activités, une seule était en fin de compte importante pour lui et que c'était la seule qu'il emporterait devant le Seigneur... il me parla de sa visite quotidienne des personnes malades au Centre anti-cancéreux Paul Strauss. "Ce que vous avez fait au plus petit des miens..."

Homme d'action, il le fut... C'est la face visible. Mais il y avait également la face moins visible : sa vie intérieure, sa vie spirituelle dont il ne parlait qu'avec une extrême pudeur. Il avait en horreur certaines formes de piété, jusque dans le vocabulaire : "Prier pour vous ?... Je préfère dire que je m'entretiens de vous avec le Seigneur."

Tout est dit, me semble-t-il, dans ce verset du prophète Michée qu'il affectionnait tout particulièrement : "Le Seigneur t'a fait savoir, ô homme, ce qu'il réclame de
toi : Rien d'autre que de pratiquer la justice, d'aimer avec miséricorde et de marcher humblement avec ton Dieu."

Humblement : car cet homme toujours impeccable, connaissait aussi, comme chacun de nous, ses limites et certaines de ses failles...
Un jour, un ami lui envoya une prière... Il en a fait sa prière quotidienne : "Donne moi, Seigneur, la sérénité pour supporter les choses auxquelles je ne peux rien changer et le courage de changer celles que je peux modifier."

Grand lecteur, de livres d'histoire surtout, il puisait également à diverses sources l'eau vive qui le faisait vivre : la Bible, en tout premier lieu, mais aussi Romano Guardini et Urs von Balthazar, dont il a fait plusieurs traductions.

Je l'ai rencontré une dernière fois il y a deux mois. Il était assis dans son fauteuil, en veston, avec sa cravate bien mise... tel que je l'ai toujours connu. La dignité : un trait qui était important pour lui et qu'il souhaitait promouvoir chez les autres. Il m'a confié son bonheur de finir sa vie dans cette Maison St Jean... Je transmets ce message à la communauté jésuite comme aux autres résidents de cette Maison, ainsi qu'à toutes les personnes qui y travaillent dans les différents services, attentives à chacun.
On peut vivre le très grand âge, même aveugle, en Paix, comme un bonheur, dans l'action de grâces.
À Strasbourg, le 28-9-2010







En souvenir du Père Jean Minéry
Le Père Denis LEDOGAR, à Strasbourg le 28 septembre 2010

Jean Minéry sourit à la vie à Guebwiller, dans notre merveilleux terreau alsacien qui véhicule depuis des siècles les valeurs si chères à notre humanisme rhénan : la tolérance, l’ouverture d’esprit, l’accueil de la différence…
Ses parents avaient aussi semé dans son cœur et celui de ses frères et sœurs, André, Madeleine, Louis et Marie-Thérèse, les graines de l’Évangile : l’Amour de Dieu et l’Amour des autres.
Ces derniers temps d’ailleurs, le père Minéry aimait évoquer son enfance dans ce coin de l’Alsace, le "Florival".

Ayant senti au fond de son être un appel du Seigneur pour la vie religieuse, il commencera sa formation chez les Pères Jésuites à REIMS. Son noviciat et ses études philosophiques et théologiques le mèneront en Belgique et en Allemagne.
Il sera ordonné prêtre par Mgr RUCH à Strasbourg.

Mobilisé en 1939, après l’armistice de 40, le Père Minéry ralliera la France Libre.
Affecté dans la 2ème DB au 1er régiment de marche des spahis marocains, il entreprendra un long périple qui le fera participer à la libération de Strasbourg, contribuant à honorer le serment de Koufra du Maréchal Leclerc.
A la mort du Père Houchet durant les combats, il deviendra aumônier de la 2ème DB. A partir de cette expérience il liera une amitié fidèle avec le Maréchal Leclerc et après sa disparition il aura l’honneur d’assurer son éloge funèbre à Notre Dame de Paris.
Il cultivera la même relation avec Mme la Maréchal Leclerc de Hautecloque et restera un intime de la famille partageant joies et peines avec elle. Il gardera précieusement, même à Lille, la photo que le maréchal Leclerc lui avait dédicacée. Son engagement au sein de la 2ème DB , lui ouvrira également de grands horizons après la guerre, il restera en contact avec beaucoup d’anciens qui occuperont des postes stratégiques dans la vie militaire, économique, sociale et politique de notre pays.

Le père Minéry était aussi un « universaliste » avant l’heure. De 1945 à 1947 il rejoindra les États-Unis. Il était resté assez secret sur cette période de sa vie : mission diplomatique oblige ! D’ailleurs, le Père Minéry parlait très peu de lui, il distillait au compte-gouttes des petits morceaux de son existence. Il a toujours été discret sur ses actions fortes… Même, vous sa famille, n’avez découvert que ces dernières années des aspects cachés de sa vie.

Après son retour des U.S.A., il rejoindra le diocèse de Strasbourg comme aumônier universitaire. A l’image de certains de ses confrères jésuites en France, il fondera et dirigera les Conférences Laennec pour les étudiants en médecine de 1948 à 1990. Beaucoup d’entre vous ont puisé auprès du Père Minéry votre solide formation humaine de médecin et de chrétien. Mais il était dans ce domaine également un visionnaire. Il vous a fait découvrir le monde dans des conditions parfois rustiques vous embarquant pour le fin-fond de l’Afrique ou du Proche-Orient. Il a ouvert votre esprit sur d’autres cultures et façons de penser.

Comment ne pas évoquer aussi les sorties de ski, même en pays nordiques, chantant dans les rues pour payer votre voyage.
Et plus près de chez nous, le Hohwald avec le chalet, où vous refaisiez le monde et l’Église qui en avaient tous les deux grand besoin. Ces réflexions se déroulaient dans l’amitié et la cordialité autour d’une bonne table, comme autour de la table de l’eucharistie. Et que dire d’Escragnolles, lieu mythique où le Père Minéry aimait vous accueillir en famille. Que de souvenirs tapissent votre mémoire ..! Sa cuisine créative, sa soupe au pistou … C’est là que le Père se laissait souvent aller à un brin d’émotion, contemplant un clair de lune, reflet de l’immensité et de la beauté du Dieu créateur.
Le Père Minéry a par ailleurs aussi été le confident de beaucoup d’entre vous, partageant votre bonheur de jeunes mariés, baptisant vos enfants et accompagnant celles et ceux que vous avez aimés et chéris sur le chemin de leur Pâque.
Le Père Minéry a été un meneur d’homme. Il vous a emmené haut et loin dans votre quête de sens. Malgré son caractère rugueux et bien trempé, il a été un homme d’action, de foi et de dialogue…

Homme de son siècle, le Père Minéry a applaudi les grandes figures de l’Eglise : Jean XXIII avec l’aggiornamento et le concile Vatican II, l’Abbé Pierre, Mère Térésa, Sœur Emmanuelle et tant d’autres…
On accourait à la cathédrale de Strasbourg pour écouter ses prédications lors de la messe du dimanche, même si elle était un peu la messe pour les « intellos »... Il savait donner de la saveur et de la dynamite à l’Évangile, il fustigeait les sucreries dogmatiques… C’était du grand « Mines » ...
Mais il y avait aussi le « Mines », homme parmi les hommes dans le quotidien avec ses beautés et ses défauts. La question de Thomas dans l’Évangile le dépeint bien : « Seigneur comment pourrions-nous savoir le chemin qui mène à la Vérité et à la Vie ? ».

Le Père Minéry avait soif de connaissance, de savoir, il était en continuelle recherche : se plongeant dans les grands auteurs comme dans l’art qui élève nos âmes vers d’autres rivages. Curieusement il n’avait pas d’attrait pour la musique mais pour la peinture plus particulièrement les paysages et la beauté des femmes, « un strapontin dans le paradis à côté de Catherine Sauvage, me conviendrait très bien, aimait-il dire avec un air pétillant et malicieux..
Il aspirait à la Vérité et à la Vie…

Homme de valeur, il essayait de nous les transmettre. Il ne tergiversait jamais sur son exigence intellectuelle, ni sur celle des autres. Il pouvait être intimidant avec son pouvoir omniscient, quelquefois avoir du mal à écouter… Mais c’était une carapace qu’il fallait percer. Car au-delà se cachait une grande sensibilité avec des émotions vraies, et plus particulièrement ces dernières années, une affection profonde…
C’était un exercice périlleux que d’être avec lui, jamais contre lui, quelquefois sans lui et rester un homme libre… Mais beaucoup parmi vous ont franchi cet obstacle et ont su lire aussi en lui une réelle humilité drapée derrière sa pudeur…
Pour lui être artisan de paix, de justice, de pardon, de miséricorde, de larmes n’était pas de vains mots… Il l’a vécu au quotidien au chevet des malades, les accompagnant pendant près de 34 ans dans sa mission d’aumônier d’hôpital à Strauss, comme dans sa propre chair ces dernières années, retiré à Lille affaibli par la vieillesse et la perte de la vue…

Le Père Minéry gardera la tête haute jusqu’au bout, témoignant un courage exceptionnel dans cette ultime épreuve.
Admirable et fidèle à son choix de vie religieuse comme fils de St Ignace et fidèle à son Seigneur et à l’Évangile.
Amen
Strasbourg, le 28 septembre 2010

Père Denis LEDOGAR

Et pour finir, les mots de François GROSHENNY

Padre,
Quand nous étions petits, tu étais un mythe :
Prêtre, … Jésuite … militaire … oncle d'Amérique !

Quand le mythe est devenu réalité, tu nous impressionnais par ton intransigeance, ta rigueur … et en plus, tu savais tout ! !

Et puis, devenus adultes, les circonstances de la vie aidant, nous avons découvert l'homme sensible, capable d'émotions, qu'une grande pudeur masquait très vite !

Tu nous as accompagnés et puis nous avons dialogué et enfin partagé !
Aujourd'hui, alors que tu ne peux plus froncer les sourcils, nous te le disons :
"Padre, nous t'aimons" !
A Dieu, Padre




Je ne sais pas si c'est la bonne procédure ... !!!

Que les admin m'excusent , et éventuellement qu'ils mettent le texte dans les documents qui font le site !

Merci

LCD
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