La 2ème Division Blindée de Leclerc

Le forum des passionnés de l'Histoire de cette prestigieuse unité.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jean PFLIEGER
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1740
Age : 53
Localisation : HAUTES-ALPES
Date d'inscription : 15/02/2012

MessageSujet: BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)   Lun 7 Juil 2014 - 16:44

BERCHTESGADEN: L'OBERSALZBERG (4 mai 1945)

Ayant quitté dans les derniers jours d'avril 1945 ses cantonnements de la région de Royan et de l'Indre,
la 2ème DB traverse en un temps record toute la France et l'Allemagne pour la Bavière.
Un objectif hautement symbolique: Berchtesgaden.

Le 4 mai, le détachement du Lieutenant-Colonel Barboteux arrive à Berchtesgaden
déjà occupé par la 3ème DI US qui n'est pas allée plus loin.
La Jeep du Capitaine Touyeras du XI/64 RADB conduite par le Brigadier Borg
suivie de la 2ème Section de la 12ème Compagnie (Lieutenant Messiah) du 3ème Bataillon du RMT
monte à l'Obersalzberg et trouve le Berghof incendié par les SS.

Le Général Leclerc arrivera à l'Obersalzberg le 5 mai.
Il enverra le Capitaine Touyeras, l'Apirant Raison et un groupe de combat du RMT
monter jusqu'au nid d'aigle pour y faire flotter aussi nos couleurs vers 17h00.

On peut lire le récit de Jean RAISON, Aspirant de la 3ème Batterie du XI/64 RADB.


Voici une carte sur Google Maps ( http://goo.gl/maps/sKcRs )
montrant l'emplacement des principaux bâtiments de l'Obersalzberg.
Des liens sur chaque lieu renvoient à des photos du site "Third Reich in Ruins".



On verra des images d'archives de la DB au Berghof dans cette interview
de Mr Alain RAPHAEL, ancien du 501, sur le site de FranceTVinfo.


Cette courte vidéo donne des vues aériennes du bombardement anglais du 24 avril 1945
& montre la visite d'officiers américains sur les ruines du Berghof:





Vues du Berghof en ruines jusqu'à sa démolition le 30 avril 1952:




Ce documentaire en langue allemande présente des extraits de films d'archives:






Fils de discussion connexes sur le forum:

- INDEX DES LIEUX D'ALLEMAGNE LIÉS À LA 2ème DB

- INDEX CARTOGRAPHIQUE DES COMMUNES LIÉES À LA 2ème DB

- VOIE DE LA 2ème DB & BORNES DU SERMENT DE KOUFRA (INDEX)




Dernière édition par Jean PFLIEGER le Ven 22 Mai 2015 - 8:05, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.facebook.com/pages/Vive-la-2ème-DB/1431683340433382
jean-yann
Langue pendue
avatar

Nombre de messages : 1190
Age : 55
Localisation : Val de Saire
Date d'inscription : 08/10/2013

MessageSujet: Re: BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)   Sam 16 Aoû 2014 - 17:08

une photo qui se situerait aux alentours de Berchtesgaden

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean PFLIEGER
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1740
Age : 53
Localisation : HAUTES-ALPES
Date d'inscription : 15/02/2012

MessageSujet: Re: BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)   Dim 17 Aoû 2014 - 14:53


On trouvera d'autres photos prises par un Ancien sur ce blog.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.facebook.com/pages/Vive-la-2ème-DB/1431683340433382
Jean PFLIEGER
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1740
Age : 53
Localisation : HAUTES-ALPES
Date d'inscription : 15/02/2012

MessageSujet: Récit du capitaine Touyeras   Lun 4 Mai 2015 - 13:24

BERCHTESGADEN


Article paru dans la revue "Caravane", n° 327, 2° trimestre, 1980.
PDF disponible sur le site de la Fondation Maréchal Leclerc.
Repris dans le livre de Dominique Forget "Le Général Leclerc et la 2e DB 1944-1945", pages 322-323.


Pour plus de clarté, rappelons que le profane confond sous ce nom le village de Berchtesgaden, la résidence d'Hitler et le nid d'aigle. La résidence, c'était le Berghof (la ferme de la montagne), simple villa de style tyrolien, comprise dans l'Obersalzberg, véritable capitale d'été du régime, doublée d'installations souterraines. Le «nid d'aigle» était une sorte de refuge en altitude, offert par les courtisans à leur maître, mais celui-ci n'appréciait pas; il n'y a pas vécu.

Que notre 2e DB ait joué un rôle dans ce coin célèbre de Haute-Bavière, c'est bien là un des tours de force de notre chef. Cette épopée s'est terminée dans la maison d'Hitler, grâce à l'initiative et à l'audace de l'un des nôtres. Nous savions cela en gros, mais pas dans les détails, qui méritent d'être connus. Nous pouvons admirer le courage de notre camarade, car on avait alors quelques raisons de supposer que les dernier fidèles du Führer livreraient un combat désespéré dans le sanctuaire de leur dieu. Voici dans sa vérité le récit du général Laurent TOUYERAS, alors capitaine commandant de la 31e batterie du R.A.D.

Colonel TRANIE (C.R.)

Après vingt-six ans de silence, j'ai été amené à penser que les archives de l'histoire militaire exigent que soient relatés des faits précis et exacts. C'est la raison pour laquelle je me permets de retracer les évènements auxquels j'ai participé, tels qu'ils se sont effectivement déroulés les 4 et 5 mai 1945.

Voici d'abord la chronologie des faits:

Première phase: le 4 mai vers 15h00, les Américains (XXIe corps U.S.) jettent un pont sur la Sallach, la franchissent et prennent le village de BERCHTESGADEN. Ils sont suivis par la 12e compagnie du III/RMT. Je me trouve derrière les premiers éléments de la compagnie.

Deuxième phase: le même jour, une heure plus tard environ, je file dans ma Jeep "France", avec BORG mon chauffeur, vers l'OBERSALZBERG, à 5 km de BERCHTESGADEN dans la montagne, vers la résidence d'Hitler. Personne ne nous suit.

Troisième phase: le 5 mai au matin vers 9h00, le général LECLERC me demande d'aller hisser les couleurs au Nid d'Aigle, sur Kehlstein, à 1900 mètres d'altitude, avec l'escorte d'un groupe de combattants du III/RMT.

Je passe maintenant à ma relation détaillée.

Dans la nuit du 3 au 4 mai 1945, le sous-groupement BARBOTEUX reçoit comme mission: objectif BERCHTESGADEN. Ma batterie lui est rattachée. Au milieu de la colonne, avec la Jeep "France" conduite par BORG, je vois vers 1h30 le véhicule qui me précède brûler le carrefour et filer tout droit. Le commandant du sous-groupement est en tête.

Je m'arrête, consulte ma carte, vérifie l'itinéraire fixé et je tourne à droite. Le reste de la colonne me suit. J'essaye sans résultat de prévenir le lieutenant-colonel BARBOTEUX; pas de contact radio. J'arrête la colonne à STAUFENECK, premier point de destination.

Tout le monde est harassé et la plupart des hommes s'endorment sous les véhicules. Je repars à la recherche du commandant du sous-groupement, en vain. 14h00. Nous sommes devant une rivière, la Sallach, où l'unique pont est détruit. Les Américains en aménagent un, mais en première urgence à leur profit!

Le colonel de GUILLEBON, commandant le groupement, arrive sur ces entrefaites; il demande où est le lieutenant-colonel BARBOTEUX; je lui rends compte de l'incident de la nuit. Le lieutenant-colonel arrive une heure plus tard et je m'éloigne car l'explication est orageuse.

Enfin le sous-groupement arrive, à la force des poignets, à franchir la Sallach, sous l'œil peu aimable des Américains.

Nous arrivons dans le village de BERCHTESGADEN où nous a précédé un combat-command U.S. Devant moi les half-tracks du III/RMT patrouillent dans la localité.

Les Américains ont cru, une fois dans le village, que la ligne d'arrivée était atteinte: ils s'y sont arrêtés.

Ce faisant ils oubliaient que le véritable but était plus loin, que la maison du Führer et ses dépendances, le Berghof, le sanctuaire ne se trouvait pas à BERCHTESGADEN même, mais au-delà et au-dessus à quelque 5 km dans la montagne, à 1000 m d'altitude, à l'OBERSALZBERG.

16h30. Ma batterie ne m'a pas encore rejoint, bloquée devant le pont, où les Américains font de grosses difficultés pour laisser passer mes automoteurs. Je me rends auprès du colonel de GUILLEBON:
«M'autorisez-vous à grimper avec ma Jeep à l'OBERSALZBERG? Je suis passé par là le 11 juillet 1940 dans un train de prisonniers, cela me ferait plaisir.
— Mon vieux allez-y si vous voulez, mais je doute que vous puissiez passer. Il y a certainement un combat-command U.S. là-haut, je crois que vous aurez du mal.
— Merci mon colonel, je me débrouillerai.»

Je pars avec BORG, lui à la mitrailleuse de capot, moi au volant. Nous sortons de la ville: désert total; tous les volets des maisons sont clos. Malgré la beauté du paysage, c'est un peu sinistre.

Nous grimpons par une route très sinueuse. D'un côté le rocher, de l'autre un à-pic de quelques centaines de mètres. Je m'arrête après environ 2 km. Je sens BORG un peu nerveux; on le serait à moins!
«Que faisons-nous, BORG? On continue ou on redescend?
— Comme vous voudrez, mon capitaine.
— Alors, à Dieu va, on continue, on verra bien. En tout cas, on n'est pas gêné par le combat-command U.S.!»

Encore un kilomètre, cette route n'en finit pas. Je doute de plus en plus de la présence des amis américains.

Tout à coup, à un virage, nous tombons sur une colonne d'une trentaine d'Hitlerjugend descendant en file indienne sur le côté droit de la route.

L'injonction: «Halt!» suivie de la mitrailleuse pointée, les stoppe net sans autre indication.

Mines patibulaires, regards hostiles, le plus vieux n'a pas dix-huit ans. «Jetez vos armes!»

Ils hésitent, mais le mouvement de fauchage qu'effectue BORG avec son arme les convainc rapidement. Les armes (des pistolets et des poignards) partent dans le ravin.
«Qui y a-t-il là-haut?
— Personne.
— Descendez au village, on vous attend.»

La colonne repart sans un mot. Nous continuons. Quelques kilomètres plus loin, après des lacets qui nous paraissent interminables, nous découvrons un mur d'enceinte, celui de l'OBERSALZBERG.

Je place la Jeep en caponnière, deux rafales vers la porte d'entrée, qui se répercutent interminablement dans le massif montagneux. Cinq minutes d'attente qui paraissent longues, un soldat allemand apparaît venant vers nous avec un immense drapeau blanc. Je suis frappé par le brassard qu'il porte, avec l'inscription «Nothilfe» [premier secours].

«Combien êtes-vous là-haut?
— Je ne sais pas exactement.
— Quelle mission avez-vous?
— Venir au secours des sinistrés.
— Quels sinistrés?
— Je ne sais pas.
— Assieds-toi sur le capot de la Jeep, si nous recevons un coup de fusil, tu es mort.»

Protestation… de courte durée quand il sent le canon de la mitrailleuse de BORG qui lui rentre dans les reins. Nous arrivons ainsi jusqu'au poste de garde, où je fais faire à un Feldwebel l'appel des hommes rangés comme au cordeau sur deux rangs. Ils sont 45. J'ai vite appris qu'il s'agit de S.S. qui, redoutant le sort qui pourrait leur être réservé, ont troqué leurs insignes contre les inoffensifs brassards «Nothilfe».

Le jour baisse. Les hauts sapins ont été foudroyés par l'ouragan des bombardiers américains. L'endroit est sinistre. Pourtant la curiosité l'emportant sur la peur, je laisse BORG sur la Jeep à la mitrailleuse et me fais conduire par le Feldwebel à la maison du Führer, le Berghof, qui soudain explose littéralement et flambe comme un boite d'allumettes. Je reviens peu rassuré à la Jeep et j'appelle le colonel de GUILLEBON.
«Suis seul au Berghof et m'ennuie, je demande du renfort.
— Descendez chercher la section MESSIAH.
— Ne peut-elle monter seule, j'ai des pensionnaires ici.
— Venez la chercher.»
Le ton est sans réplique.
«Bien mon colonel.»
Je prends mon Feldwebel et «paie de culot» bien qu'embarrassé:
«Tu es responsable de tes camarades sur ta vie. Une division française est à BERCHTESGADEN et deux bataillons montent vers nous actuellement.»

Merveille de la discipline allemande, quand j'arriverai avec la section MESSIAH une heure et demie plus tard, il ne manquera personne à l'appel. Je dois dire qu'à la suite de mon message radio lancé de l'OBERSALZBERG, le lieutenant-colonel TRANIE, commandant le XI/64, est parti avec l'aspirant RAISON et est allé là-haut, avant que je remonte avec la section MESSIAH entre mes deux voyages.

Je reprends la route de BERCHTESGADEN pour la deuxième fois, pendant que ma batterie de tir, commandée par le lieutenant BOURELY, prend la gare de BERCHTESGADEN avec le train blindé de Goering dans lequel il fait récupérer vins français, pâtes italiennes et quelques cent perdreaux dans le réfrigérateur! Le dauphin n'a pas eu le temps de faire partir son train, où serait-il allé?… À mi-chemin à la sortie d'un virage, un grondement assourdissant, ce sont les chars Patton [sic] du fameux combat-command U.S. qui montent, tous feux éteints, à l'assaut de l'OBERSALZBERG.

Avant d'avoir eu le temps de faire un geste, j'ai le canon d'un pistolet-mitrailleur sur le ventre et BORG celui d'un colt sur la tempe. Je crie «France». Un aspirant interprète s'approche. Les chars immobilisés pointent la gueule de leurs tubes sur la Jeep. On devine des grappes humaines accrochées à leur carapace.

Explication: «Une section française est en haut, ne faites pas de blagues.» La stupeur et le mécontement se peignent sur les visages.

Je poursuis ma route avec une belle «frousse» rétrospective. À l'arrivée je reçois l'accolade du colonel de GUILLEBON. Le lendemain j'ai droit aux compliments du général LECLERC, qui me demande d'aller hisser les couleurs françaises au «Nid d'Aigle» (Kehlstein) et me fait escorter par un groupe de combat du III/RMT.

Quatre heures plus tard, après une dure ascension dans la neige, l'aspirant RAISON (qui est de la partie avec deux ou trois hommes de ma batterie) fait flotter nos couleurs à l'une des larges baies du salon de la maison du Führer.

Voilà l'histoire. Pour conclure: le livre "La 2e DB en France" ne fait de cette affaire qu'une très brève mention, inexacte d'ailleurs sur un point mais l'exemplaire que je détiens porte en dédicace de la main du général LECLERC, orfèvre en la matière: «Au capitaine TOUYERAS, le gagnant de la course, 30/07/45, LECLERC.»

Retour au début du sujet principal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.facebook.com/pages/Vive-la-2ème-DB/1431683340433382
florent34
Bavard


Nombre de messages : 17
Localisation : montpellier
Date d'inscription : 23/07/2013

MessageSujet: Quelques photos   Lun 10 Aoû 2015 - 12:23

Bonjour

vous pouvez retrouver quelques photos sur le site d'Emile Pagliantini: http://epagliffl.canalblog.com/albums/1945___2_berchtesgaden/index.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)   

Revenir en haut Aller en bas
 
BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» BERCHTESGADEN: l'Obersalzberg (4 mai 1945)
» Le dictateur - Charles Chaplin 1945
» INFANTERIE DE MARINE JAPONAISE 1945
» 1945 : Dulac, UNRRA et US Army....
» Retour aux Philippines - Back To Bataan - 1945

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La 2ème Division Blindée de Leclerc :: - :: La Guitoune II-
Sauter vers: